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Absentéisme et présentéisme : une étude qui doit interroger les entreprises !

samedi 27 janvier 2018

Selon l’étude réalisée par le groupe Malakoff Médéric auprès de ses affiliés, en 2016, 34,1 % des salariés ont été absents au moins une fois pour maladie avec une durée d’arrêt en moyenne de 35,5 jours. Des chiffres élevés mais stables depuis 2013. L’étude analyse aussi un phénomène dont on parle peu : le présentéisme. De quoi interroger les entreprises !

Qui sont les salariés touchés par l’absentéisme ?

Ce sont d’abord les 30-39 ans (37,8 %) même si leur durée moyenne d’arrêt est de 29,5 jours. La durée moyenne augmente avec l’âge pour atteindre plus de 50 jours pour les plus de 50 ans. Les ouvriers sont les plus touchés (40,7 % pour des arrêts de 41,2 jours), puis les agents de maîtrise et les techniciens (36,2 % pour 32,6 jours), les employés (34,5 % pour 32,6 jours) et enfin les cadres (27,8 % pour 25,9 jours).

Les secteurs les plus touchés par l’absentéisme sont l’industrie (38,9 %) et la santé (38,5 %) C’est dans ce dernier secteur que les arrêts sont les plus longs (41 jours). Par ailleurs, le taux d’absentéisme augmente avec la taille de l’entreprise.

Pour quelles raisons ?

Les arrêts courts sont principalement liés aux maladies dites ordinaires (grippe, angine..). Mais pour les arrêts de 4 à 30 jours, 23 % sont liés à des troubles musculo-squelettiques (TMS), 21 % à des troubles psychologiques ou une grande fatigue. Ces derniers motifs sont aussi invoqués dans les arrêts plus longs (16 % pour TMS, et 16 % pour troubles psychologiques et fatigue) auxquels se rajoutent les arrêts pour accident ou traumatisme (20 %). Il est permis de penser que ces motifs sont pour une grande part liés au travail.

Un coût très élevé !

L’étude estime le coût pour les entreprises à 8,8 milliards d’euros sans compter les coûts indirects qui seraient 4 fois supérieurs. Pas étonnant que 97 % des employeurs se déclarent préoccupés par l’absentéisme.

Le présentéisme : un véritable problème !

Selon l’étude de Malakoff Médéric, 7 % des arrêts de travail prescrits par les médecins ne sont pas pris en totalité et 12 % pas pris du tout.



Près d’un salarié sur cinq ! Pourquoi ?

Près d’un salarié sur deux concernés dit « qu’ils n’ont pas l’habitude de se laisser aller » mais 29 % invoquent des raisons financières, 23 % la crainte d’avoir trop de travail au retour, 22 % la pression hiérarchique ou encore qu’il leur est impossible de déléguer. Près de 40 % de ces mêmes salariés le regrettent après coup. Ils ont constaté les conséquences que cela avait sur leur productivité, l’allongement de la maladie, la rechute ou encore une baisse de leur moral.

C’est donc une véritable pression professionnelle que le salarié s’impose à lui-même ou lui est imposée par le contexte du travail ou de l’entreprise. La Cour de cassation vient de confirmer qu’un salarié qui vient travailler alors qu’il n’est pas en état de le faire et qu’il faisait courir un risque pour les autres salariés peut être licencié. L’étude évoque aussi le point de vue d’un sociologue (Denis Monneuse) sur cette question, qui parle de « surprésentéisme ». Ainsi « quand une personne qui quitte le bureau à 18 heures entend dire « tu prends ton après-midi ? » elle va hésiter à poser son arrêt maladie ». Et il ajoute : « En incitant au présentéisme, les entreprises peuvent favoriser une incapacité de travail qui risque d’être plus longue et de leur coûter plus cher que si elles avaient accepté le coût non caché de l’absentéisme ». Evalué entre 6,4 % à 9,2 %, le présentéisme représenterait un coût de 13,7 milliards à 24,9 milliards d’euros chaque année.

Prévenir les causes qui engendrent l’absentéisme (TMS, troubles psychologiques, mauvaise ambiance de travail, etc ) notamment au travers d’un dialogue social approfondi avec les organisations syndicales est donc un enjeu fondamental pour les entreprises en termes de compétitivité et de qualité de vie au travail pour leurs salariés.


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