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Bilan annuel Santé : Quoi de neuf, docteur ?

dimanche 7 novembre 2010

Le rapport sur l’état de santé 2009 de la population de la France vient de paraître.

L’état de santé en France, en comparaison des pays de même niveau de vie est globalement bon. L’espérance de vie à 65 ans est ainsi la plus élevée d’Europe, tant pour les femmes que pour les hommes. Les femmes ont une espérance de vie plus longue que les hommes, mais l’écart a tendance à se réduire… Une fois posé ce diagnostic positif, examinons où sont les problèmes.

Une mortalité prématurée élevée.

Cette mortalité est plus élevée que dans les autres pays d’Europe. Les décès avant 65 ans représentent environ 20% de l’ensemble des décès et concernent à 70% des hommes. Un tiers sont liés au tabagisme, l’alcool, des conduites dangereuses, des suicides. Mais les cancers du poumon ont doublé en 20 ans chez les femmes. Enfin, au sein de l’Europe, la France se situe dans le groupe des pays à forte fréquence de suicide. Le surpoids, le tabagisme, sont désignés comme des causes essentielles de mortalité prématurée.

Des disparités sociales et territoriales

À âge et sexe égal, la catégorie professionnelle et le niveau d’étude sont d’importants facteurs d’inégalités. Ces inégalités commencent dès le plus jeune âge : état bucco-dentaire, surcharge pondérale. Ainsi on dénombre dix fois plus d’enfants obèses chez les ouvriers que chez les cadres. L’écart n’était que de quatre fois en 2002. Ces inégalités se poursuivent à l’âge adulte.

L’écart d’espérance de vie à 35 ans entre cadres et ouvriers est de 7 ans pour les hommes, 3 ans pour les femmes.

Le rapport note aussi des différences territoriales, notamment entre régions du nord et régions du sud, ces dernières connaissant une situation plus favorable.

Pour les auteurs, le développement du dépistage pourrait apporter de notables améliorations à ces constats.

L’effet des conditions de travail

Le rapport désigne les contraintes articulaires comme principalement responsables des pathologies déclarées qui sont particulièrement nombreuses. La répétition de gestes à une cadence élevée pendant plus de 20 heures par semaine concernait 7% des salariés en 2003. Cette même année, plus d’un salarié sur quatre était soumis à un niveau de bruit supérieur à 85 décibels. Et plus d’un million de salariés étaient exposés à des produits cancérigènes de catégorie 1 ou 2.

On a la santé, a-t-on les crédits ?

Ce bilan établi, il faut rappeler que la France a le pourcentage du PIB consacré aux dépenses de santé le plus élevé d’Europe. La moyenne de l’Europe des 15 est de 9,5%, alors que le taux français est de 11, devant les pays scandinaves.

Il faut aussi rappeler le déficit persistant et qui s’aggrave de l’assurance maladie. La branche maladie qui était en 2008 en déficit de 10,5 milliards d’euros, reste autour de 11 milliards les années suivantes, avec une prévision à 11,6 pour 2011..

L’amélioration des conditions de santé de la France ne passe donc pas par davantage de dépenses, mais par de multiples progrès dans l’organisation et le fonctionnement du système de santé. Et là, nous ne sommes pas les meilleurs, à ce jour du moins.