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Congrès CGT d’avril 2006

lundi 1er mai 2006

Le mot négociation a été admis par les délégués du congrès de la CGT d’avril dernier...!

En revanche celui de compromis a du être retiré de la résolution. Négocier oui, conclure la négociation par un compromis, non. Ce qui revient à confirmer que pour la CGT, la négociation demeure un acte de reddition par l’une des deux parties. Ce blocage idéologique demeure pathétique au regard des pratiques des organisations syndicales d’Europe. Et il demeure malgré le temps qui passe.

Voici ce qu’écrivait la journaliste, Michèle Lécluse des Echos en 2003, à la fin du congrès précédent de la CGT :
« La CGT hésite, tergiverse. Elle veut bien engranger le crédit que lui donne une ligne plus ouverte et une politique de dialogue avec les autres confédérations. Mais elle se refuse toujours à aller au bout de sa démarche ; à assumer une politique contractuelle au niveau national. Ce qui signifierait faire des concessions pour signer des accords et les défendre devant les salariés au lieu de garder toujours le beau rôle de celle « qui défend le mieux les intérêts des travailleurs ». Or tant que ce virage ne sera pas pris, tant que la confédération n’aura pas apporté la preuve de sa capacité à conclure, elle ne pourra pas assurer un rôle leader sur l’échiquier syndical ».
Trois ans plus tard, la CGT se trouve devant la même interpellation.

Comment expliquer une telle attitude collective ? Comment l’expliquer alors même que les délégués CGT signent 83% des accords d’entreprise là où la CGT est présente ? Cette proportion tombe à 39% des accords de branches professionnelles et à encore moins pour les accords nationaux interprofessionnels. Ainsi, moins la signature CGT est visible, et plus elle a de chance d’intervenir. La CGT ne signe pas avec le Medef, à la SNCF, mais elle signe des compromis, dans la plupart des moyennes entreprises privées où elle est présente. Comment expliquer que dans l’entreprise le délégué CGT fasse une chose et vote son interdiction à son congrès ?
Première explication, les délégués CGT des congrès ne sont pas les militants qui négocient dans les entreprises privées, ou en tout cas sont moins représentés. Un congrès de cinq jours sélectionne forcément les militants qu ont le plus de droits syndicaux.
Deuxième explication, la schizophrénie militante. Je pose des actes que je ne reconnais pas devant les autres militants. Je signe parce que j’y suis obligé, parce que je ne peux faire autrement. Mais je dis à tous qu’il ne faut pas le faire. Dis autrement, le délégué CGT vote une position pour être en accord avec son idéologie et développe une pratique pour être en accord dans son entreprise avec la réalité. Pour guérir cette maladie, il faut que les responsables nationaux CGT lèvent le tabou, en signant des accords montrant ainsi que c’est normal de signer des compromis.