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Congrès de la CFE-CGC : Carole Couvert, secrétaire générale

mercredi 15 mai 2013

La CFE-CGC (143 000 adhérents) vient de tenir Congrès, alors que sa représentativité proclamée dans le collège cadres la situe nationalement tous collèges confondus à 9, 4 % et, dans l’encadrement, comme troisième centrale à 10 points de la CFDT.

La CFE-CGC (143 000 adhérents) vient de tenir Congrès, alors que sa représentativité proclamée dans le collège cadres la situe nationalement tous collèges confondus à 9, 4 % et, dans l’encadrement, comme troisième centrale à 10 points de la CFDT, avec 18 % des voix, alors qu’au dernier congrès le président Van Craeynest prétendait à 27-29 %. (Ces chiffres cumulent ceux des collèges deux et trois, faute d’isolement du collège spécifique cadres.

Les 467 délégués de ce congrès devaient tourner la page Van Craeynest. Depuis la fin 2005, secrétaire général issu de la métallurgie, il a dû renoncer à prétendre à un troisième mandat, après l’échec du projet de fusion avec l’UNSA, puis deux ans de tensions internes avec sa secrétaire générale, Carole Couvert, son trésorier et neuf fédérations, allant jusqu’à une tentative d’appel à la justice et des mises en cause à caractère financier (salaire du Président, notes de frais de Danièle Karniewicz). La CFE-CGC a d’autre part perdu la présidence de la CNAV et de l’AGIRC au bénéfice respectivement de FO et de la CFDT. Dans un contexte donc dégradé, le congrès devait choisir entre deux équipes différentes.
D’une part, autour de Carole Couvert, quarante ans, spécialiste du marketing, issue de GDF-Suez (fédération de l’énergie), soutenue par une majorité des 16 fédérations, dont la banque, deuxième fédération de la CFE-CGC, pour ses capacités de communicante et son engagement d’une refonte de la gouvernance de la centrale, moins autocratique que celle de Bernard Van Craeynest, en s’appuyant davantage sur les fédérations. Face à elle, François Hommeril, 52 ans, ingénieur géologue de Péchiney (devenu RioTinto), issu de la chimie, secrétaire national à la formation et à l’international, soutenu par la métallurgie et la construction. Représentant des valeurs traditionnelles de l’organisation, il reproche à Carole Couvert sa faible expérience professionnelle (trois ans seulement de terrain) et son absence de pratique de la négociation interprofessionnelle.

Derrière ces deux candidatures, mezzo voce, le problème d’identité de la CFE-CGC : centrale de l’encadrement ou centrale interprofessionnelle ? Certains n’oublient pas le rôle de Carole Couvert dans la tentative de rapprochement avec l’UNSA et en faveur du syndicalisme généraliste soutenu par Van Creynest. Certes l’adaptation des statuts aux règles de transparence financière a été adoptée à 97 %, en décembre dernier, confirmant au passage le caractère catégoriel de l’organisation.

Le congrès a tranché : 59,7 % des mandats allèrent à Carole Couvert, présidente, à Marie-Françoise Leflon, secrétaire générale et à Franck Zid, trésorier, contre 40,3 % à François Hommeril. Sur le fond, l’observateur demeure sur sa faim, le site même de la CFE-CGC ne publiant qu’un interview de la nouvelle présidente, évoquant sa volonté de reprendre le leadership chez les cadres, chez les jeunes, par l’innovation sociale et le soutien à la création d’entreprise. Mais on y cherche vainement un texte d’orientation précis.

Face à la crise et à la situation de malaise croissant des cadres, qui se vivent de plus en plus comme des salariés (cf. leur choix à 70 % des quatre confédérations interprofessionnelles) , le choix entre la défense des spécificités cadres et l’intégration à un salariat dorénavant diversifié, est difficile à faire.