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Edmond Maire, une page d’histoire du syndicalisme

samedi 7 octobre 2017

Edmond Maire est décédé le 1er octobre et ses obsèques ont eu lieu le 5. Entre temps la CFDT a réuni à Paris, le 3 octobre, 10 000 militants pour fêter sa première place d’organisation syndicale dans le privé. Il y a là plus qu’un symbole, un rendez-vous avec l’histoire. Car cette première place change le visage du syndicalisme et de l’histoire sociale de notre pays.

La part qui revient à Edmond Maire dans ce changement est incontestable. Il a œuvré aux côtés des militants de la CFDT et des secrétaires généraux de la CFDT qui lui ont succédé : Jean Kaspar, Nicole Notat, François Chérèque et Laurent Berger pour ancrer le syndicalisme français dans le réformisme. Il écrivait dans son livre "L’esprit libre", titre qui le résume bien,

« l’évolution culturelle est le fondement de la réforme. Réformer, c’est-à-dire re-former, c’est transformer l’existant et donc l’imaginer autrement ».

Edmond Maire a défriché un nouveau syndicalisme, fondé sur l’action directe des travailleurs maitrisant leur destin, préférant la négociation au conflit et pièce maitresse d’« une société d’hommes fiers et libres » comme l’écrivait Fernand Pelloutier. Sa vision et sa richesse intellectuelle puis, après son départ en 1988 du Secrétariat Général, les politiques poursuivies patiemment, jour après jour, dans les entreprises et les administrations par des générations de militants CFDT ont porté leurs fruits avec cette première place.

Parfois, lorsqu’on examine certaines décisions politiques comme les ordonnances régissant le dialogue social dans les petites entreprises ou certains traitements médiatiques, on a l’impression que les chiffres ont du mal à s’imposer et que les représentations culturelles ou politiques demeurent coincées dans un vieux monde.

Alors, comme le souhaitait si fort Edmond Maire, nous les invitons à regarder la réalité en face.