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Elections CE 2004

mercredi 1er mars 2006

Une belle claque pour la CFDT : le terme n’est pas trop fort ...

Après la baisse de 2002 (- 0,8 % par rapport à 2000), des mouvements analogues notés dans les services publics, perdre 2, 2 % des suffrages exprimés dans le secteur privé, alors qu’il y a plus de votants, est un signal fort que les positions prises par la CFDT ont du mal à être comprises et soutenues. Pour en prendre la mesure, il faut noter que depuis 1966, la CFDT n’a connu qu’entre 1984-1990 des pertes d’influence de pareille ampleur, alors qu’elle perdait 44 % de ses adhérents. Avec 20 % en 2004, la CFDT retrouve son niveau de 1990 : elle perd le bénéfice des années 1992-2000. Certes l’année paire est traditionnellement peu favorable à la CFDT, car elle comprend les élections à la SNCF où, déjà faible, elle était en perte de vitesse depuis 1995 ; or cette année, avec le départ d’une partie de ses militants à la CGT suite au dossier des retraites, la CFDT a perdu la moitié de ses voix à la SNCF, ce qui induit moins 0,9 % dans les résultats de CE 2004.
Par ailleurs les 40 000 démissions en 2003 et 2004, toujours à propos des retraites, souvent préparés de longue date depuis 1995, ont eu des effets plus larges. Tout se passe comme si la CFDT payait en 2004 les conséquences des responsabilités qu’elle a assumées sur des sujets sociaux difficiles, où elle n’a pas été en capacité d’imposer une image positive de son action.

Mais ceci n’explique pas tout, car la perte d’influence est générale, dans la plupart des branches d’activité, comme dans toutes les catégories de salariés : la fin des négociations RTT et de leur impact sur le mandatement, le ralentissement de la syndicalisation, l’affaiblissement du lien de l’organisation avec ses élus, les difficultés à renouveler des équipes vieillissantes, la qualité militante des équipes d’entreprise sont aussi derrière cette lame de fond. Le redressement engagé – de bons résultats aux Chantiers de l’Atlantique, chez Renault ou dans la chimie en témoignent - mettra sans doute du temps à payer. Si les résultats des élections CE de 2005 stabilisent la situation, ce sera déjà une bonne surprise, car la baisse était déjà de - 0,4 % en 2003 (22, 6 %)parrapport à 2001. Il est à noter, contre toute attente, que la CGT ne profite pas de la situation (elle est stable à 24,5 %), pas plus que FO. Ce sont surtout les non-syndiqués, la CFE-CGC, et la CFTC qui engrangent des évolutions positives significatives. Rien de réjouissant, en somme.

Deux interrogations sont soulevées par ce mauvais score :

- la CFDT conserve une image positive dans l’opinion, comme en témoignent différents sondages. Il y aurait alors fracture entre les dirigeants de la CFDT et les militants, non sur les positions, mais sur leurs capacités, leur dynamisme, leur mobilisation. Des militants faisant le « dos rond » ne gagnent pas d’élections. Les outils manqueraient-ils pour en faire des militants efficaces. - la CFDT a conquis des centaines de milliers de nouveaux adhérents en 14 ans. Les pertes récentes sont en proportion limitées. Et pourtant, les retombées électorales ne sont pas à la mesure. Y aurait-il des failles dans la politique de développement qui la rendrait moins efficace en matière de rapport de force électoral ou de rapport de force tout court ?