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Enfants de parents non bacheliers

jeudi 25 mars 2010

Les écarts d’accès à l’enseignement supérieur sont encore criants en France selon le diplôme et la catégorie socioprofessionnelle des parents.

Peu d’enfants vont en section scientifique du second cycle, seul un sur deux obtient le bac. Un quart de ces bacheliers nouveaux ne poursuit pas d’études supérieures, la majorité choisit des études courtes dans le supérieur (STS et IUT) ; seuls 4 % vont dans une grande école, 22 % quittent l’enseignement supérieur sans diplôme.

Les facteurs se cumulent pour expliquer la différence de parcours scolaire et universitaire des enfants de non bacheliers : pas assez de soutien familial et scolaire en primaire, choix d’orientation plus professionnalisés à la fin de la troisième puis en fin de seconde, retard scolaire plus fréquent, difficulté d’accès aux codes culturels, modestie des ambitions, méconnaissance des voies d’élite, moins grande importance accordée aux diplômes de l’enseignement supérieur par les familles, difficultés financières à assumer une formation qui nécessite souvent de vivre dans une autre ville, coût des filières d’école, volonté d’avoir rapidement un emploi…

Les écarts d’accès à l’enseignement supérieur sont encore criants en France selon le diplôme et la catégorie socioprofessionnelle des parents. On est loin de l’ouverture sociale.

Comme cette inégalité sociale dépend de toute une série de facteurs, la faire reculer dépend de décisions de natures différentes, politique, sociale, pédagogique, et enfin de choix personnels.

Car cet accès au bac et aux diplômes des STS et IUT est cependant déjà une étape d’ascension par rapport à la génération précédente : rappelons-nous, en 1980 seul un jeune sur quatre arrivait au bac. Au-delà, la filière supérieure courte leur permet d’espérer une insertion professionnelle rapide à un niveau de qualification intermédiaire. Beaucoup la souhaitent.

D’autre part, on a commencé à réformer les bourses, l’inscription aux concours devient gratuite pour les boursiers, parfois les frais d’inscription en école, avec l’objectif affiché aujourd’hui de 30 % de boursiers dans les grandes écoles. On sait que celles qui ont le plus de notoriété résistent et gardent des taux de boursiers très bas. On est en droit de se demander si l’on pourra encore longtemps offrir un enseignement supérieur gratuit aux classes privilégiées et si l’on veut faire un réel effort en faveur de l’ascension scolaire des milieux populaires, qui suppose un soutien financier personnalisé et des logements sociaux étudiants rénovés et abondants.

Enfin, pour casser les difficultés de progression scolaire plus fréquentes de ces jeunes, c’est l’attention portée aux enfants dès le primaire, l’examen des programmes et des méthodes pédagogiques pour permettre à toutes les formes d’intelligence de s’épanouir, le développement des expérimentations de tutorat des élèves pour les soutenir vers l’accession à l’enseignement supérieur, donc c’est tout un travail sur la qualité de l’amont scolaire qui est nécessaire pour réduire les inégalités des origines.

Les défenseurs du modèle républicain de l’école peuvent se poser quelques questions …