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« L’îlot de chaleur urbain » ou l’adaptation des villes au changement climatique : Quels effets sur les activités et l’emploi ?

mercredi 30 septembre 2015

Alors que notre pays a connu quelques épisodes caniculaires cet été, un important colloque international s’est tenu à Toulouse en juillet sur l’adaptation des villes au changement climatique et en premier lieu sur les solutions pour atténuer les effets de l’îlot de chaleur urbain. Au-delà de l’intérêt scientifique, notre attention s’est fixée sur les effets possibles de cette action sur les activités et l’emploi.

Qu’est-ce que l’îlot de chaleur urbain ?
Depuis les années 70, les climatologues travaillent sur ce phénomène et ses causes. L’îlot de chaleur urbain est l’écart de température ville-campagne et l’enjeu est bien sûr de rafraîchir les villes. À titre d’exemple, dans une ville comme Paris, l’îlot urbain peut révéler un écart de 8 degrés avec la campagne avoisinante. C’est un combiné de matériaux réfléchissants et d’activités humaines qui influence l’îlot urbain.

De nombreuses initiatives ont déjà vu le jour et la 9ème conférence internationale sur le climat urbain de Toulouse avait l’ambition de les recenser et de les rendre plus universelles. Car, la situation est parfois urgente dans certains pays à cause du réchauffement climatique et elle ne pourra qu’être accentuée par la tendance forte à l’urbanisation planétaire en cours depuis un siècle. Les effets sont importants pour la santé et le confort thermique des habitants. De plus, à quelques semaines de la COP 21 (voir Clés du social du 03 09 2015 [1]), l’enjeu est d’importance pour la communauté internationale.

Des idées pour faire baisser la température dans les villes et des pistes de nouvelles activités et d’emplois recensées à Toulouse

  • Davantage de végétaux : de nombreux pays comme le Canada et l’Australie ont adopté la plantation de d’arbres et de végétaux dans les zones urbaines. Ils absorbent la chaleur et diminuent la chaleur ressentie. De même, les toits et les murs végétaux ont la même action. La végétalisation de la ville de Melbourne en Australie a baissé le taux de mortalité dû à la chaleur de 28% à 5%.
  • Récupérer les eaux de pluie : cela permet d’irriguer les jardins publics et les espaces verts et cela contribue à diminuer la chaleur et à améliorer la qualité de l’air. L’utilisation des eaux évite de puiser dans les nappes phréatiques. Tokyo, la capitale japonaise, habille les sols de revêtements perméables permettant de récupérer l’eau de pluie.
  • Réduire la voiture : les plans de circulation douce (vélo et marche) permettent de réduire les effets d’îlot urbain. Il faut donc augmenter les voies cyclables et pédestres et les sécuriser. La création de zones de stationnement communes et distantes des habitations, en remplacement des places le long des maisons réduit aussi les températures. De plus le sol de ces aires pourrait être végétal et absorber aussi la chaleur. Le Canada est pionnier en la matière.
  • Adopter une architecture climatique : le bâti doit éviter le recours à la climatisation active. Il faut donc développer des habitats climatiques en tirant le meilleur parti du rayonnement solaire, de l’inertie thermique des matériaux et du sol et de la circulation naturelle de l’air. Les bâtis devraient être plus clairs et il faut construire des appareils ménagers qui développent moins de chaleur. Il faut aussi revenir à des usages plus traditionnels, doter les maisons de volets, les fermer le jour et les ouvrir le soir.
  • Construire des routes plus claires : les structures sombres et dures comme nos routes élèvent la température parfois du simple au double car elles emmagasinent l’énergie qu’elles reçoivent. L’Australie, le Japon, les USA et aussi la France réfléchissent à l’utilisation de bitumes plus clairs qui réduisent la température.

Des solutions du sol au plafond et de nouvelles activités économiques en perspective.

Les chercheurs sont en pleine effervescence pour mettre en œuvre des stratégies de recherche technologiques. La réflexion est nécessairement pluridisciplinaire car sont concernés des scientifiques, des météorologues, des biologistes, des architectes…

Les nouvelles technologies, les matériaux, la nouvelle organisation des activités humaines, habitat, lieux de travail, transports, l’adaptation des structures anciennes, les végétaux adaptés à la ville et aux hommes, la planification de l’eau… sont directement impactés, que ce soit dans la recherche comme dans les applications pratiques. Toutes ces nouvelles activités et ces solutions concrètes pour faire baisser le thermomètre sont porteuses d’emplois nouveaux.

Car l’enjeu d’aujourd’hui est de conjuguer la qualité de l’environnement, le développement économique et la justice sociale, de mobiliser et de responsabiliser les habitants et les salariés.


Sources :