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Les emplois d’avenir mènent à la qualification

mercredi 21 décembre 2016

Dans un récent rapport, la DARES se penche sur les caractéristiques de la formation des jeunes en emploi d’avenir. Ce dispositif a été créé en 2012 et depuis 300 000 jeunes, environ, y ont eu accès. L’étude du ministère du travail précise que, « un an après la signature de leur contrat, trois jeunes sur quatre en emploi d’avenir ont bénéficié d’une formation et un jeune sur deux d’une formation certifiante ». Cette vision positive contraste avec un récent rapport de la Cour des comptes beaucoup plus sévère quant au coût et aux résultats.

Ce que sont les emplois d’avenir ?
Les emplois d’avenir ont pour objectif de faciliter l’insertion sur le marché du travail des jeunes peu ou pas qualifiés en leur proposant un emploi à temps plein de longue durée incluant un projet de formation. Il s’agit d’une obligation légale. La formation est suivie par un tuteur au sein de l’entreprise. Principalement destiné aux employeurs du secteur non marchand (secteur associatif, collectivités territoriales, etc.), le dispositif est également ouvert à certains secteurs d’activité du secteur marchand.

Une méthode d’enquête reposant sur un panel et sur du long terme

La Dares a réalisé une enquête auprès d’un panel de 17 000 jeunes entrés en emploi d’avenir entre octobre 2013 et mars 2014. Son objectif est de connaître précisément les caractéristiques des jeunes embauchés, leurs parcours avant et après leur contrat, et de décrire l’accompagnement et les formations dont ils bénéficient. Ce panel permettra également de mesurer le devenir de ces mêmes jeunes à l’issue du programme en les suivant jusqu’en 2018.

Les premiers résultats

Un an après la signature de leur contrat, 3 jeunes sur 4 en emploi d’avenir ont bénéficié d’une formation et 1 jeune sur 2 d’une formation certifiante. Cet effort de formation bénéficie notamment aux non diplômés et aux plus jeunes. Elle passe en particulier par l’accès à des habilitations et des permis. Les jeunes formés ont passé 26 jours en moyenne en formation pendant la première année. Toutefois, la durée en formation varie fortement selon le niveau de qualification préparé, les métiers et le sexe des jeunes. Plus diplômées, les jeunes femmes accèdent moins souvent à une formation certifiante durant la première année. Mais il faut remarquer que les femmes accèdent plus souvent à des titres professionnels, notamment en raison de leur préférence pour les métiers de la santé et des services à la personne.

Le type de formations suivies, selon les caractéristiques des bénéficiaires

L’effort de formation certifiante a plus souvent bénéficié aux plus jeunes et aux moins diplômés. Au cours de la première année, 53 % des jeunes de 18 à 20 ans ont accédé à une formation certifiante (contre 45 % des 21-25 ans) et 49 % des jeunes sans diplôme ou titulaires du brevet.
Les jeunes ont également préparé des permis de conduire (permis B), certaines formations hygiène et sécurité, des brevets de secourisme et des formations au Bafa (brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur).
Certains jeunes ont également suivi des formations non certifiantes. 10 % d’entre eux ont bénéficié de formations de remise à niveau dans les matières générales (11 % dans le secteur non marchand et 6 % dans le secteur marchand). Ces formations s’adressent en particulier aux jeunes qui présentent des difficultés scolaires.

Une différenciation plus marquée par métier que par type d’employeur

Les différents métiers occupés par les jeunes en emploi d’avenir n’offrent pas les mêmes perspectives de formation. Dans le secteur non marchand, les métiers de l’animation et du tourisme favorisent l’accès à la certification (63 % des jeunes embauchés y ont suivi une formation certifiante). Les métiers relatifs à l’installation et à la maintenance dans le secteur non marchand proposent également plus souvent des parcours certifiants (pour 61 % des jeunes embauchés). Toujours dans le secteur non marchand, 14 % des jeunes qui travaillent dans les métiers de support à l’entreprise (principalement secrétariat et assistance) ont pu préparer un diplôme de l’Éducation nationale.
Dans le secteur marchand, ce sont les métiers de la construction et des services à la personne qui ont le plus permis aux jeunes de bénéficier de formations certifiantes. 13 % des recrues du bâtiment accèdent à une formation diplômante (essentiellement des CAP ou BEP) et 37 % des jeunes déclarent y avoir passé une habilitation. 43 % des jeunes travaillant dans les métiers de services à la personne ont suivi une formation certifiante, 6 % pour préparer un titre professionnel. En revanche, les métiers du commerce, de l’installation et de la maintenance, de l’hôtellerie-restauration et de support à l’entreprise, encouragent moins la formation.
Les entreprises de plus de 10 salariés du secteur marchand favorisent davantage la certification que les entreprises plus petites. Dans le secteur non marchand, l’accès aux formations certifiantes varie peu selon le type d’employeur.

Le rapport de la Cour des comptes, plus critique

Dans son rapport sur l’accès des jeunes à l’emploi, d’octobre 2016, la Cour des comptes se montre très critique sur le dispositif des emplois d’avenir. Elle considère qu’au regard du coût unitaire qu’elle qualifie d’« élevé » (11 000€ annuels en moyenne), la place importante de la formation dans le dispositif « n’a guère été probante à ce jour ». Elle critique par ailleurs un effet d’aubaine et même une concurrence à l’alternance. En réponse, la ministre du travail, Myriam El Khomri, a rappelé que 80 % des signataires étaient des jeunes sans le bac qui nécessitaient un gros effort de formation.

L’insertion dans l’emploi sera le juge de paix

À ce stade, l’enquête ne permet pas encore d’évaluer si ces formations permettent aux jeunes de s’insérer durablement dans l’emploi en restant ou en changeant d’employeur. Affaire à suivre ! Mais il convient de souligner l’exemplarité de la démarche d’évaluation à court et long terme.


Sources