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Pôles de compétitivité : une évaluation encourageante

mercredi 28 juin 2017

Les pôles de compétitivité, lancés en 2004, viennent de faire l’objet d’une évaluation par la Direction Générale des entreprises (DGE) et le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET) [1]. À mi-parcours de la troisième phase de cette politique (2013-2018), le résultat est encourageant car il montre que les pôles ont atteint plus des trois quarts de leurs objectifs fin 2015. Il se confirme de plus qu’ils sont performants et structurants pour les territoires. Une attention demeure cependant concernant l’accompagnement des PME et la dimension européenne et mondiale.

Une politique innovante lancée en 2004

La politique des pôles de compétitivité vise à accroître la compétitivité de l’économie française par l’innovation. Les pôles développent la croissance et l’emploi sur des marchés porteurs. Ils mobilisent, par une démarche partenariale sur un territoire bien identifié, des entreprises, petites et grandes, des laboratoires de recherche et des établissements de formation autour de stratégies de développement partagées et de projets communs.

Leur bilan est positif à travers 4 000 projets innovants labellisés, 130 entreprises créées, 6,8 milliards d’euros investis dans la recherche et développement.

Le profil des pôles

Les pôles de compétitivité sont au nombre de 68. Ils concernent la plupart des secteurs d’activité des domaines technologiques en émergence (nanotechnologies, biotechnologies, écotechnologies, etc.) ou plus matures (automobile, aéronautique, etc.). Un pôle comprend en moyenne 200 membres, avec une forte disparité selon les pôles, qui peuvent compter de 100 à plus de 1 000 membres se répartissant entre grands groupes, ETI, PME, laboratoires de recherche et instituts de formation. Leur budget moyen est d’environ 1,5 M€.

Les grands axes de l’évaluation de la DGE et du CGET

  • Comment passer de la recherche-développement au marché ?

L’évaluation a mis en évidence l’efficacité de leur action. Toutefois, l’action en faveur des projets de R&D collaboratifs s’est portée davantage sur l’émergence et la structuration de tels projets que sur leur accompagnement dans la phase critique de « mise sur le marché ». La troisième phase de la politique (2013-2018) a donc été lancée avec pour objectif de favoriser le passage de « l’usine à projets » à « l’usine à produits d’avenir ». Cet objectif nécessite de renforcer l’accompagnement des entreprises concernées.

  • Des disparités entre pôles

Les pôles ont dans leur grande majorité rempli les objectifs qui leur ont été fixés dans les contrats de performance passés avec l’État et les Régions. Fin 2015, ils avaient atteint en moyenne 77 % de leurs objectifs, seuls quatre pôles étaient sous le seuil de 50 %.

Concernant le renforcement de l’accompagnement de PME/ETI, les résultats sont très hétérogènes. En 2015, les PME représentaient en moyenne 60 % des adhérents et 83 % des entreprises adhérentes des pôles de compétitivité. Une minorité de pôles n’a toutefois pas encore déployé une offre d’accompagnement destinée à leurs adhérents PME.

  • La dimension européenne et mondiale

La dimension européenne et mondiale reste insuffisamment investie par les pôles, hormis pour une minorité très active. Pour une majorité d’entre eux, les activités internationales se limitent à leur participation dans des événements professionnels ou aux missions communes à plusieurs pôles programmées par Business France et la DGE. Cependant, un noyau de pôles très actifs a acquis une visibilité forte autant à l’échelle européenne qu’internationale, via le développement de services personnalisés d’accompagnement à l’international.

  • Des pôles acteurs des politiques nationales

Les activités des pôles s’inscrivent dans les priorités définies par les politiques nationales. Différents ministères s’appuient ainsi sur leur capacité à mobiliser leur écosystème dans l’élaboration et la mise en œuvre de politiques publiques comme la politique industrielle, la transition écologique ou l’agriculture.

  • Des pôles structurants pour les écosystèmes régionaux

Il s’agit là d’un des points les plus positifs. En effet, les pôles sont fortement impliqués dans l’animation des politiques régionales d’innovation :

  • 59 pôles ont eu un rôle déterminant dans l’élaboration des stratégies régionales d’innovation en vue d’une spécialisation intelligente (SRI-SI).
  • 27 pôles se sont vu confier un rôle d’animation d’un domaine ou d’une filière par les Conseils régionaux.

L’évaluation a mis en avant le rôle structurant des pôles dans les stratégies d’attractivité territoriale. C’est en particulier le cas pour les pôles positionnés seuls sur une filière à l’échelle nationale et dotés d’un ancrage territorial fort, comme :

  • Cap Digital et la filière numérique francilienne ;
  • Aerospace Valley pour l’aéronautique à Toulouse ;
  • Aquimer pour les produits de la mer à Boulogne-sur-Mer ;
  • Microtechniques à Besançon dans le domaine de l’horlogerie. Enfin, certains pôles ont fortement investi « une politique de sites » : soit de sites d’excellence dédiés à leur thématique, en participant à l’animation d’un parc d’activité, soit une logique de marque unique couvrant plusieurs territoires comme Cosmetic Valley. Créée en 1994, elle s’étend aujourd’hui sur huit départements et trois régions : Centre-Val de Loire, Ile-de-France, Normandie.

En conclusion, le CGET et France Stratégie se sont associés pour piloter une étude visant à analyser et mesurer les impacts économiques et territoriaux directs et indirects des pôles de compétitivité depuis leur lancement en 2004. Il s’agit d’une démarche nécessaire pour mesurer l’apport des pôles pour les entreprises et in fine pour la croissance économique et l’emploi et les effets d’entrainement dont a besoin notre pays.


Source


Notes :

[1Le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET) conseille et appuie le Gouvernement dans la conception et la mise en œuvre des politiques de lutte contre les inégalités territoriales et le développement des capacités des territoires. Rattaché au Premier ministre, il assure le suivi et la coordination interministérielle de ces politiques. Il est issu du regroupement de la Délégation à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale (Datar), du Secrétariat général du comité interministériel des villes (SGCIV) et de l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (Acsé).