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Première avancée du dialogue social en Guadeloupe

mercredi 19 avril 2017

La Guyane n’est pas la seule région d’outre-mer à connaître un mouvement de grève important : en 2009, c’était le cas de la Guadeloupe, avec une longue grève générale d’un mois et demi, suivie de la Martinique : problèmes de pouvoir d’achat et de vie chère - notamment le prix des carburants -, chômage, inégalités, manque de développement... et absence de dialogue social. La sortie de ce conflit s’est faite par des accords finaux… qui n’ont d’ailleurs été qu’en partie mis en œuvre en termes de baisses de prix et d’augmentation des salaires, …d’où rapidement des déceptions et une agitation latente.

Face à cette situation restée bloquée, le CESER a souhaité lancer une concertation des partenaires sociaux pour développer le dialogue social et améliorer les conditions de travail, avec l’aide de l’Anact, et mettre en place une structure régionale. Les discussions et un programme de formation ont permis, au final, de rédiger un texte de synthèse, devenu, par la signature de 10 partenaires sociaux [1] le 7 mars 2017, le premier texte issu du dialogue social en Guadeloupe.

Partant des défis de l’île en matière de développement économique, de relations sociales, de développement durable, les partenaires sociaux se donnent quatre enjeux, l’application du droit du travail et des conventions collectives pour réduire le nombre de conflits, la confiance, le développement personnel et collectif des salariés pour leur épanouissement en entreprise, en particulier par la formation, et le développement d’innovations sociales, économiques et environnementales dans le sens du développement durable.

Pour répondre à ces enjeux, la charte se dote de projets pour développer la formation professionnelle, appliquer les conventions collectives avec si nécessaire des aménagements locaux, possibles depuis la loi Travail, mettre en place d’une CPRI (commission paritaire régionale interprofessionnelle) pour les TPE, développer la négociation sociale avec la formation des acteurs et créer des médiateurs issus des différentes organisations, ainsi qu’un label « entreprise responsable ». Des travaux ultérieurs devraient s’attaquer à la question de l’insertion des personnes en situation d’exclusion et aussi de la création d’un fonds de capital risque pour aider à la création d’entreprises et d’emplois. Des échanges sont prévus entre partenaires sociaux et autorités publiques. Le suivi de la mise en œuvre de la charte doit faire l’objet d’un comité de suivi.

Une limite à cet accord : l’opposition du syndicat majoritaire - et radical -, l’UGTG. Pourtant, ce premier texte est le début de nouvelles relations sociales et de démarche partenariale pour un développement innovant, tant sur le plan économique que social. Tout se jouera maintenant dans la mise en œuvre de cet ensemble.


Source


Notes :

[1CFTC, CGTG, FO, UNSA, FDSEA, CFDT, CGPME, UDE-MEDEF, UCEA, UPA