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Qu’importe-t-il de savoir et de savoir–faire en tant que citoyen ?

samedi 16 janvier 2016

Une réponse : l’Evaluation Pisa 2012 (Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves).

En 2012, les mathématiques ont constitué le domaine majeur de l’évaluation. Ce que les élèves savent, mais aussi ce qu’ils savent en faire. Les autres domaines évalués étaient la compréhension de l’écrit, les sciences et la résolution de problèmes.
510 000 élèves entre 15 et 16 ans, représentatifs de 28 millions d’élèves de la même tranche d’âge et scolarisés dans les 34 pays de l’OCDE et les 31 pays et économies partenaires, représentant environ 80% de l’économie mondiale, ont été évalués.

Les premiers de classe

- Shangai © est largement en tête du classement en mathématiques.
- Shangai©, Hong-kong©, Singapour, la Corée, et le Japon sont les 5 pays les plus performants en compréhension de l’écrit.
- Shangai©, Hong-kong©, Singapour, le Japon et la Finlande sont les 5 premiers du classement en Sciences.

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Pour la France

Les scores moyens et les % d’élèves très performants/peu performants ne s’écartent pas de la moyenne de l’enquête en maths et en sciences. Ils sont supérieurs à la moyenne en compréhension de l’écrit.

Le score moyen global de la France est, à 1 point près, le score moyen de l’enquête Pisa 2012.

Les pays de l’OCDE investissent plus de 230 Mds de $/an dans l’enseignement des mathématiques. La nouvelle évaluation de l’OCDE sur les compétences des adultes a montré que les compétences fondamentales en maths avaient un impact majeur sur les possibilités de réussite des individus dans la vie. Les inégalités dans la répartition des individus entre les niveaux de compétence en maths sont fortement corrélées avec la répartition de la richesse entre les nations.

Cependant

Pisa 2012 montre :
- que de nombreux pays ont amélioré leurs performances, quel que soit leur niveau socio -économique ou leur culture.
- qu’œuvrer à favoriser l’excellence et à rehausser le niveau de compétences des élèves peu performants n’a rien de contradictoire.
- que les élèves se situant sous le niveau 2 (c’est-à-dire à peine le seuil de compétence sur l’échelle de l’enquête qui en compte 6), sont la majorité dans 15 pays ; mais ils peuvent représenter plus d’un élève sur 5 dans un pays moyen. Améliorer les résultats de ces élèves est un défi majeur en raison des obstacles liés au milieu social, à l’attitude face aux apprentissages, mais aussi à l’organisation des établissements, à la répartition des enseignants...
- que les niveaux de compétences varient entre filles et garçons dans les 3 domaines évalués ; mais les écarts sont plus importants entre les élèves de même sexe qu’entre les deux sexes. Par contre la difficulté majeure chez les filles est d’atteindre le sommet de compétence : les filles sont sous-représentées parmi les élèves les plus performants en maths dans 37 pays sur 65 .Ceci est un obstacle sérieux sur la voie de la parité dans les professions en rapport avec la science. Les femmes ne parviendront pas à se hisser aux niveaux les plus élevés si elles ne s’en sentent pas capables. Il conviendrait qu’ensemble, parents, enseignants et la société concertent leurs efforts afin de rompre les stéréotypes au sujet des domaines féminins et masculins.
- que, pour réduire le pourcentage d’élèves sous le niveau 2, l’investissement dans l’amélioration du rendement de l’éducation serait moins coûteux que de faire les frais de performances scolaires peu élevées.
- que la concentration d’élèves issus de l’immigration dans un établissement n’est pas en soi associée à une faible performance.
- qu’en France, la corrélation entre le milieu socio-économique et la performance est bien plus marquée que dans la plupart des autres pays de l’OCDE. Le système d’éducation français est plus inégalitaire en 2012 qu’il ne l’était 9 ans auparavant et les inégalités sociales se sont surtout aggravées entre 2003 et 2006 (43 points en 2003 contre 55 en 2006 et 57 points en 2012). En France, lorsque l’on appartient à un milieu défavorisé, on a clairement aujourd’hui moins de chances de réussir qu’en 2003.

Égalité ou équité, pour donner chance, éducation et qualification à tous ?

L’évaluation Pisa révèle aussi … (on s’en doutait mais..) que lorsque les systèmes d’éducation répartissent les élèves entre des établissements en fonction de leurs aptitudes, la motivation des élèves à l’envie d’apprendre et leurs performances en pâtissent.

La notion d’équité et non d’égalité dans la dotation aux établissements, dans la formation et la répartition des enseignants, l’importance de l’autonomie plus grande des établissements, la moins grande prégnance de la stratification dans les systèmes d’éducation sont en grande corrélation avec les bons scores en mathématiques.

Il est à remarquer que la France se situe au 13ème rang en ce qui concerne la synthèse de la performance en résolution créative de problèmes. C’est la première fois que l’évaluation Pisa s’intéresse à ce domaine. Cette partie montre dans quelle mesure les élèves sont préparés à aborder et à résoudre les types de problèmes qui se rencontrent au quotidien au XXIème siècle.

Au cours des dernières années, le pourcentage d’emplois nécessitant ces compétences a nettement augmenté, la part de l’économie et de la technologie dans la société va aller aussi en grandissant… Les résultats de l’évaluation montrent que les programmes scolaires et les enseignants sont déterminants pour la transmission des compétences en résolution de problèmes et cela dans toutes les matières.

En conclusion

Se contenter d’être dans la moyenne… ? Ou choisir des orientations politiques pour améliorer la performance et l’équité dans l’éducation, pour augmenter la capacité des élèves à travailler à la réalisation d’objectifs à long terme, en ciblant des performances peu élevées ou en adoptant des politiques moins ciblées pour améliorer le niveau de tous… ?

Mais faire !