Les clés du social Un regard sur le social

Accueil > Dialogue social > Négociation > ANI sur la sécurité de l’emploi en 1969

ANI sur la sécurité de l’emploi en 1969

lundi 4 février 2013

Lors des négociations des 26 et 27 mai 1968, il avait été prévu que les confédérations syndicales de salariés et les représentants du CNPF et de la CGPME se rencontreraient en vue de rechercher un accord national interprofessionnel (ANI)en matière de sécurité de l’emploi.

On mesure avec ce texte à la fois les évolutions des relations sociales : à l’époque on parlait de « conversations » entre employeurs et syndicats, et la permanence de certaines questions : consultation du CE par exemple.

I. - Lors des négociations des 26 et 27 mai 1968, il avait été prévu que les confédérations syndicales de salariés, d’une part, les représentants du CNPF et de la CGPME, d’autre part, se rencontreraient avant le 1er octobre en vue de rechercher un accord en matière de sécurité de l’emploi et portant notamment sur :

  1. - les mesures de nature à assurer les reclassements nécessaires en particulier en cas de fusion et de concentration ;
  2. - l’institution de commissions paritaires de l’emploi par branches professionnelles et les missions qu’il convient de donner à ces commissions devant fonctionner en principe au niveau national et le cas échéant aux niveaux territoriaux.

Dès leur première réunion du 26 septembre 1968, les membres de la délégation patronale et les représentants des confédérations syndicales de salariés sont convenus d’ajouter aux deux points mentionnés expressément par le projet de protocole de Grenelle la question du délai d’information en temps utile du comité d’entreprise.

II. - Les parties signataires du présent accord sont convaincues qu’une politique active de l’emploi s’impose dans une économie en mouvement ; un telle politique doit viser à l’utilisation optimale des capacités de travail et par conséquent à la réduction des périodes de non-emploi. Elles affirment leurs responsabilités respectives en ce domaine.

III. - Convaincues que la généralisation de commissions paritaires de l’emploi, professionnelles et interprofessionnelles, permettra à toutes les parties intéressées de progresser dans la connaissance des problèmes de l’emploi et, partant, de faciliter la solution des difficultés que peuvent rencontrer les travailleurs, les parties signataires sont convenues des dispositions ci-après qui règlent les conditions générales suivant lesquelles les commissions paritaires doivent être créées ainsi que leurs modalités de fonctionnement.

Soucieuses de ne pas imposer un cadre rigide dans un domaine où l’adaptation aux caractéristiques des professions est particulièrement nécessaire, elles laissent aux commissions paritaires de l’emploi elles-mêmes le soin de fixer certaines règles d’organisation et notamment les conditions de participation aux réunions des représentants des organisations signataires.

Les commissions paritaires de l’emploi doivent concourir au reclassement des salariés dont il n’aura pas été possible d’éviter le licenciement. Lorsqu’elles seront saisies de cas de licenciements collectifs d’ordre économique posant un problème grave de reclassement qui n’aurait pu être résolu, elles devront s’assurer de la mise en oeuvre des moyens disponibles pour permettre le réemploi des salariés licenciés.

Les organisations signataires décident de se revoir une fois par an pour échanger leurs vues sur la situation générale de l’emploi et faire le point sur le rôle joué par les commissions paritaires de l’emploi.

IV. - Les entreprises doivent jouer leur rôle dans cette politique de sécurité de l’emploi. Dans tous les cas elles doivent s’efforcer de faire des prévisions de façon à établir les bases d’une politique de l’emploi. Lorsqu’elles entreprennent des opérations de fusion, de concentration, de restructuration visant à augmenter la compétivité des entreprises, elles doivent intégrer dans leurs études préliminaires les incidences prévisibles en ce qui concerne l’emploi et préparer les solutions permettant de réduire les éventuels licenciements, notamment par un effort de formation facilitant des mutations internes.

Aux termes de l’article 3 (§ 6) de l’ordonnance du 22 février 1945, modifiée par la loi du 18 juin 1966, le comité d’entreprise est obligatoirement informé et consulté sur les questions intéressant l’organisation, la gestion et la marche générale de l’entreprise, et notamment sur les mesures de nature à affecter le volume ou la structure des effectifs, la durée du travail ou les conditions d’emploi et de travail du personnel. Il est obligatoirement saisi en temps utile des projets de compression d’effectifs ; il émet un avis sur l’opération projetée et ses modalités d’application.

Dans ce cadre, les signataires du présent accord ont défini les conditions dans lesquelles le comité d’entreprise devait être saisi des projets de licenciements. L’information et la consultation en ce domaine doivent permettre des échanges de vues réguliers sur les problèmes de l’emploi dans le cadre de chaque entreprise ou établissement, ces échanges pouvant conduire à une solution satisfaisante des difficultés rencontrées.

V. - Lorsque des changements de structure importants, de nature à entraîner des licenciements collectifs, seront envisagés par une profession, les parties signataires recommandent que des conversations soient engagées entre les organisations patronales et les organisations syndicales de salariés de la profession en vue de déterminer les mesures propres à limiter les conséquences sociales des décisions à intervenir, et notamment les conditions dans lesquelles pourraient être conclues des conventions avec le fonds national de l’emploi, en particulier en ce qui concerne les actions de formation et de réadaptation professionnelles, l’attribution d’allocations dégressives et la situation des salariés de plus de soixante ans.


PS :

 :: : Le Conseil national du patronat français (CNPF) était une organisation représentant le patronat français. Il fut créé en décembre 1945 à la demande du gouvernement français qui, au sortir de la seconde guerre mondiale, désirait disposer d’un interlocuteur représentatif de l’ensemble du patronat. En 1988, le CNPF se transforme en Mouvement des entreprises de France (Medef) sous l’impulsion d’Ernest-Antoine Seillère.

 :: : CGPME : http://www.cgpme.fr/qui-sommes-nous