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Bilan des contrats de professionnalisation

jeudi 21 février 2013

Pour près des trois quarts des bénéficiaires, le désir de préparer une qualification par alternance est l’un des deux principaux motifs d’entrée en contrat de professionnalisation, même si 18 % des contrats sont ensuite rompus avant leur terme. La qualification préparée est validée dans 69 % des cas. À l’issue du contrat, les deux tiers des bénéficiaires restent en emploi, chez le même employeur dans les trois quarts des cas. Il s’agit d’un CDI pour 60 % d’entre eux.

C’est ce qui ressort de la publication par la Dares (du 28 décembre 2012) d’une enquête menée entre fin 2008 et début 2010 auprès de 3 800 personnes ayant débuté un contrat de professionnalisation en 2006.

Le public

Le public du contrat de professionnalisation est surtout composé de débutants ayant une expérience limitée sur le marché du travail, plutôt que de personnes expérimentées ou à la recherche d’un emploi depuis longtemps. Les plus diplômés sont moins passés par la case chômage que ceux qui sont d’un niveau en dessous du baccalauréat.

Les bénéficiaires ont souvent trouvé par eux-mêmes leur employeur (43 % par contact direct auprès de l’entreprise, 16 % en faisant appel à des relations personnelles, 10 % grâce à une entreprise dans laquelle ils avaient travaillé ou fait un stage ) et leur formation (38 % par contact direct avec l’organisme de formation, 12 % grâce à des relations personnelles). Les structures d’accueil jouent ainsi un rôle second seulement. Ce qui pose question aux structures publiques sur leur efficacité .

Le déroulement

L’alternance entre entreprise et centre de formation n’a généralement pas posé de difficultés. Seules 10 % des personnes entrées en contrat de professionnalisation en 2006 estiment qu’alterner travail et formation leur a posé des difficultés, avec l’entreprise, l’organisme de formation ou les deux. C’est davantage le cas dans le secteur des services aux particuliers (13%) que dans l’industrie (7 %), et dans les établissements de moins de 20 salariés (13 %) que dans les établissements de 20 à 49 salariés (9 %) et de 50 salariés ou plus (7 %).

Malgré tout, 18 % des contrats de professionnalisation sont interrompus avant le terme prévu. 26 % des abandons s’expliquent par le fait que la personne a trouvé un autre emploi et 38 % par une autre situation (licenciement, fermeture de l’entreprise, défaillance de l’orga- nisme de formation). Dans plus d’un tiers des cas (36 %), ces ruptures sont liées à une démission sans reprise d’emploi immédiate, ce qui peut renvoyer à des difficultés liées aux exigences du contrat et/ou au manque d’intérêt pour l’emploi occupé ou la formation.

La qualification

Près de 7 bénéficiaires sur 10 obtiennent la qualification préparée. Les échecs sont faibles dans les secteurs des transports, de la manutention et du magasinage (12,7 %), les activités financières ou l’éducation, santé et action sociale (18,5 %), il est fort dans le secteur du commerce et de la vente (37 %), du secrétariat et de la bureautique (40 %), de la comptabilité et gestion (46 %). Le taux de réussite est plus fort quand la formation est inférieure à 500 heures et pour une certification de branche, un peu plus fort pour les hommes (71 %) que pour les femmes (67 %). Que les échecs soient si importants dans les contrats où les contenus de formation sont essentiels interroge sur l’articulation travail-formation.

L’emploi après la fin du contrat

À l’issue du contrat, l’accès immédiat à l’emploi prédomine. C’est le cas pour deux tiers (66,6 %) des bénéficiaires qui, à 75 % d’entre eux, restent chez le même employeur. La proportion de bénéficiaires en emploi dès la fin du contrat de professionnalisation varie beaucoup selon les métiers préparés : elle s’élève à 75 % pour les métiers de la production industrielle et du bâtiment, à 62 % pour le commerce et la vente. Elle est de 86 % pour le transport, la manutention ou le magasinage mais ne dépasse que de peu les 50 % pour le secrétariat et la bureautique ainsi que pour l’accueil, hôtellerie, tourisme.

En tout, 31 % des bénéficiaires de contrats de professionnalisation (35 % des femmes) se retrouvent en difficulté d’insertion (24 % au chômage, 7 % en inactivité), surtout dans les secteurs du secrétariat et de la bureautique, de la comptabilité, du commerce et de la vente, de l’accueil, de l’hôtellerie et du tourisme ; or c’est là où l’on trouve beaucoup d’emplois féminins. Et surtout, le taux d’insertion se dégrade dès 2008 avec l’arrivée de la crise.

Parmi les personnes en emploi à l’issue d’un contrat de professionnalisation commencé en 2006, 60 % étaient en CDI à l’issue du contrat et 40 % étaient en emploi temporaire (CDD, intérim, contrat aidé). Ce sont d’ailleurs les spécialités qui offrent le moins de perspectives d’emploi qui sont généralement aussi celles pour lesquelles cet emploi est le moins souvent en CDI.

Deux ans après, seuls 39 % des bénéficiaires sont toujours en emploi chez le même employeur, et la plupart y ont consolidé leur situation professionnelle. 40 % de ceux qui ne sont pas restés (raison économique, fin de l’aide…) l’auraient pourtant souhaité.

L’opinion des bénéficiaires

Quelle que soit leur situation à la fin de leur contrat, les bénéficiaires en ont une opinion plutôt favorable. 61 % pensent que la formation étaient complètement adaptée, 34 % plus ou moins adaptée, 5 % pas du tout. Mais ils apprécient le fait d’avoir travaillé en même temps qu’ils se formaient, dans des métiers conformes à la qualification préparée (91 %) et leur permettant d’appliquer ce qu’ils apprenaient en formation (86 %).

En somme, un bilan où, malgré l’impact de la crise, le positif domine.


PS :

La note de la Dares :
 :: télécharger le document de la DARES
http://bit.ly/14ZjFFi