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Conditions de travail, enquête européenne

mercredi 5 janvier 2011

La Fondation européenne de Dublin a présenté les premiers résultats de sa cinquième enquête dans les pays européens. Cette investigation permet une comparaison sur 20 ans.

Une force de travail élargie et diversifiée

L’adhésion des nouveaux Etats membres génère une augmentation de la main d’œuvre de 150 à 235 millions de travailleurs avec un taux d’emploi des hommes supérieur à 75 % et un taux d’emploi des femmes qui passe de 50 à 63 %. A noter un vieillissement de la population au travail : le pourcentage de salariés entre 50 et 64 ans passe de 49 % en 2000 à 56 % en 2009.La proportion de femmes en responsabilité hiérarchique évolue de 26 % en 1991 à 33 % en 2010. La discrimination au travail atteint 6 % des salariés, en légère augmentation et celle liée à l’âge en concerne 3 %.Si 80 % des salariés ont un contrat à durée indéterminée, le contrat à durée déterminée a augmenté de 10 à 14 % entre 1991 et 2007. La perception de l’insécurité de l’emploi est en augmentation depuis 2005, mais la proportion est d’autant plus forte que le niveau de qualification est faible ou que le statut est précaire.

Temps de travail

La durée moyenne du temps de travail hebdomadaire est passée de 40,5 H en 1991 à 37,5 H en 2010 avec une diminution des horaires les plus longs (> 48 H/semaine) de 15 % en 2000 à 12 % en 2010. Mais c’est aussi le quasi doublement des horaires inférieurs à 20 H/semaine avec 8 % en 1991 et plus de 14 % en 2010 et un temps de travail réduit en 2010 du fait de la crise par le recours au chômage partiel. Le temps partiel à moins de 20H/semaine concerne 20 % des femmes contre 7 % des hommes. On observe une légère diminution du travail de nuit qui concerne 10 % des Européens et du travail posté à 17 %. Près d’un quart des salariés travaillent un dimanche par mois contre 30 % en 1995.

Développement dans l’emploi et qualité du travail

La proportion d’employés ayant reçu une formation payée par leur employeur au cours des 12 derniers mois est à son plus haut niveau depuis 1995. Les travailleurs âgés de plus de 50 ans sont les moins bien lotis. Les contrats à durée indéterminée sont aussi plus favorisés avec 39 % en formation contre 26 % pour les autres contrats et cette disparité a doublé depuis 10 ans. C’est aussi les travailleurs les plus qualifiés qui bénéficient le plus de formation. Entre 2005 et 2010, le nombre de formations payées par les salariés eux-mêmes est passé de 6 à 9 %.

Entre 1995 et 2010, la proportion de travailleurs effectuant des tâches monotones a augmenté de 40 à 45 %. 40 % des salariés européens effectuent des tâches répétitives, ils étaient 51 % en 1990. Les femmes davantage que les hommes continuent de réaliser des tâches monotones et répétitives. Les enquêtes font apparaître peu de changements en ce qui concerne les marges de manœuvre dans le travail et le degré d’autonomie.

Protéger la santé et promouvoir le bien-être au travail

L’intensité du travail liée à la vitesse d’exécution ou à des délais serrés reste à un niveau élevé : 67 % des travailleurs ont un rythme de travail soumis aux demandes directes du client et 18 % sont soumis à la cadence d’une machine, proportion en baisse régulière depuis 15 ans. Les contraintes liées au rythme de travail sont deux fois plus élevées dans l’industrie que dans les services. La référence dans le travail à des normes précises de qualité a augmenté .Les contraintes physiques persistent dans les mêmes proportions qu’il y a 20 ans avec 33 % de charges lourdes pendant un quart de leur temps, 23 % d’exposition à des vibrations, 46 % des travailleurs manuels ont des postures fatigantes et douloureuses au travail et 63 % ont des mouvements répétitifs des mains et des bras, pourcentage en augmentation par rapport à 2000. D’autres contraintes physiques restent inchangées, telles que l’exposition à de forts bruits pendant un quart de leur temps des ambiances toxiques , des substances infectieuses ou des températures basses (23 %)

Travailler plus longtemps ?

59 % des travailleurs européens considèrent pouvoir faire le même travail à 60 ans, ce qui correspond à une augmentation de 2 % par rapport à 2000. Mais répondent positivement 72 % des employés très qualifiés et 61 % des employés les moins qualifiés tandis que seulement 49 % des travailleurs manuels qualifiés et 44 % des moins qualifiés

L’enquête conclut que « le développement de systèmes de travail « soutenables » passe par une organisation du temps de travail qui laisse la possibilité d’honorer ses autres responsabilités, notamment familiales ; un développement des compétences tout au long de la carrière, primordial pour assurer une sécurité de l’emploi et faire face aux aléas du chômage ; un niveau d’autonomie permettant aux travailleurs de répondre aux contraintes du travail ». Beau programme pour le management et les syndicats !

Il s’agit de moyennes entre 27 pays aux situations bien différentes. La publication des résultats complets permettra de mesurer les écarts.


 

 

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