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Cumul travail et chômage : impact sur les chiffres de Pôle Emploi

mercredi 9 décembre 2015

Le service d’études (DARES) du Ministère du Travail, de l’Emploi, de la Formation Professionnelle et du Dialogue Social apporte un éclairage nécessaire dans la compréhension du chômage et son analyse par la publication d’informations relatives au travail sous forme « d’activité réduite » des chômeurs.

Contexte

Alors que le chômage au sens du BIT mesuré dans l’enquête réalisée par l’INSEE en mars constitue un indicateur de référence pour l’analyse des évolutions du marché du travail, il est notoirement reconnu que le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en fin de mois à Pôle emploi peut être affecté par d’autres facteurs liés à la gestion, incluant son amélioration permanente, des demandeurs d’emploi.

Pour rappel, la catégorie A regroupe des demandeurs d’emploi, sans emploi et tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi.

Dans les catégories demandeurs d’emploi tenus également de faire des actes positifs de recherche d’emploi sont comprises la catégorie B de demandeurs d’emploi ayant exercé une activité réduite courte (de 78 heures ou moins au cours du mois) et la catégorie C (de plus de 78 H au cours du mois).

Constat

Dans sa communication, la DARES présente la situation détaillée du chômage fin 2014 faisant bien apparaître la progression des chômeurs de catégorie A s’établissant à 3 501 000 ainsi que la progression de l’ensemble des catégories A, B, C qui atteint 5 216 000 fin 2014. Cet indicateur ABC est devenu récemment une référence communément utilisée.

Les demandeurs d’emploi B et C renouvellent leur demande d’emploi alors qu’ils poursuivent ou ont repris une activité réduite d’un nombre d’heures équivalent, pour certains d’entre eux, à l’occupation d’un emploi. Ce sont des chômeurs actifs sur le marché de l’emploi dans des activités souvent liées à des emplois courts sous forme de CDD, temps partiel ou intérim le plus souvent. Ce nouvel emploi pouvant être moins payé que le précédent mais ouvrant droit à une allocation complémentaire, ces demandeurs sont toujours à la recherche d’un meilleur emploi.

La DARES recense depuis 1996 les activités réduites de ces catégories B et C. La catégorie B comprenait en janvier 1996 284 900 pour s’établir en septembre 2015 à 717 000 ; et la catégorie C, de 338 100 en janvier 1996, dépassait le million en septembre 2014 pour atteindre 1 157 900 en septembre 2015.

Le nombre de demandeurs d’emploi B et C a connu en 2014 une progression de plus 30 000 par trimestre contre 25 000 en 2013, confirmant une accélération, notamment en catégorie C pouvant être mise en relation avec la croissance de l’emploi intérimaire. Ce sont essentiellement les activités réduites de moins de 20 h et surtout les plus de 150 h qui connaissent une telle progression.

Ainsi fin 2014, sur les 5 216 000 demandeurs catégorie ABC, 1 974 900 sont identifiés comme chômeurs alors qu’ils sont en activité.

En catégorie B, 717 000 déclarent avoir travaillé, dont 358 500 entre 40 et 78 H.

Dans la catégorie C, 1 157 900 déclarent avoir travaillé, et parmi eux 443 600 plus de 151 heures et 305 300 entre 120 et 150 heures.

Si ces demandeurs d’emploi renouvellent chaque mois leur demande d’emploi, parmi les raisons supposées on peut imaginer qu’ils sont toujours à la recherche d’un « meilleur emploi », disponibles pour travailler dans un nouvel emploi, probablement moins disponibles pour des entretiens avec les conseillers de l’emploi.

Amélioration de la mesure

Mais au-delà de la situation individuelle et perspective des demandeurs d’emploi, la conséquence demeure la difficile lecture des chiffres du chômage, version demandeurs d’emploi en fin de mois. En raison notamment des nouvelles formes de la croissance et de l’emploi, de l’évolution du marché du travail ...des attentes et trajectoires des demandeurs d’emplois, des dispositifs réglementaires de l’État et des partenaires sociaux… Cette lecture nécessite de grandes précautions dans un contexte durablement et profondément immergé dans le chômage et le sous-emploi.

Pôle Emploi est actuellement en cours d’exploration, dans trois régions pilotes, pour la catégorie C des emplois à quasi plein temps, pour leur proposer soit une désinscription soit un transfert dans la catégorie E dispensée de recherche d’emploi.


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