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En 2017 l’emploi dans le privé augmente, le sous-emploi diminue

samedi 4 août 2018

Au cours de l’année 2017, dans le secteur privé, 355 000 emplois salariés ont été créés en net (205 000 en 2016). Le nombre de personnes en emploi a augmenté de 341 000 en France (hors Mayotte), tandis que l’emploi dans la fonction publique reculait légèrement (-7 000). La baisse du chômage a concerné toutes les tranches d’âge, pour les hommes et pour les femmes. Le sous-emploi au sens du BIT diminue. Le taux de chômage s’établit en fin d’année à 9,0 % en France et 8,6 % en métropole.

Le dynamisme des créations nettes d’emploi en 2017 tient principalement à l’emploi salarié du privé (+355 000, et +205 000 en 2016). À l’inverse, l’emploi dans la fonction publique a reculé de 7 000 en 2017, alors qu’il avait augmenté de 24 000 en 2016. Au total, la hausse de l’emploi salarié en 2017 a été nettement plus forte qu’en 2016 (respectivement +348 000 après +229 000).

  • En 2017, elle repose d’abord sur l’accélération de l’emploi salarié dans le secteur tertiaire marchand y compris intérim (+299 000, après +220 000 en 2016). Hors intérim, l’emploi de ce secteur accélère également (+175 000, après +151 000). Ensuite, l’emploi salarié a renoué avec la croissance dans l’industrie (+3 000 après
  • 25 000 en 2016) et dans la construction (+31 000 après -14 000).
  • L’essor de l’emploi salarié a nettement ralenti dans le tertiaire non marchand (+10 000 après +46 000).
  • L’emploi non salarié se serait de nouveau rétracté en 2017 (-7 000 après -9 000).

L’emploi intérimaire a nettement accéléré en 2017 (+124 000 soit +17,9 %, après +69 000 en 2016). Il atteint 814 000 en fin d’année. Dès le 1er trimestre 2017, il a dépassé son plus haut niveau précédent (725 000) qui avait été atteint début 2007 avant la crise économique de 2008-2009. Le taux de recours à l’intérim, qui rapporte le nombre d’intérimaires à l’emploi salarié, atteint 3,1 % fin 2017.

  • Le recours à l’intérim est nettement plus fréquent dans l’industrie et la construction que dans le tertiaire marchand. Fin 2017, l’intérim représente respectivement 9,4 % dans l’industrie et 10,5 % de l’emploi salarié dans la construction, contre 2,4 % dans le tertiaire marchand (305 000 intérimaires).

Forte accélération de l’emploi dans l’industrie et la construction. En prenant en compte des intérimaires dans le secteur où ils sont affectés (et non dans le secteur de l’intérim qui les emploie), l’emploi salarié dans l’industrie s’est accru de 46 000 en 2017 après quinze années de baisse (-6 000 en 2016). Il en est de même pour la construction, avec 59 000 créations nettes d’emplois y compris intérim en 2017, après -1 000 en 2016 et quatre années de nette baisse de 2012 à 2015 (-38 000 par an en moyenne).

Dans le tertiaire marchand, l’emploi a progressé de 223 000 en 2017, soit plus qu’en 2016 (+187 000), ce qui constitue sa plus forte hausse depuis 2007.

Redressement des gains de productivité (La productivité par tête est égale à la valeur ajoutée divisée par le nombre de personnes en emploi). Or la valeur ajoutée des branches marchandes non agricoles a augmenté de 3,3 % en 2017, soit plus rapidement que l’emploi (+2,0 %), la productivité apparente par tête a progressé de 1,5 % (Volume de travail mesuré par le nombre d’heures travaillées et non par le nombre de personnes en emploi).

Au total, de début 2008 à fin 2017, les gains de productivité par tête dans les branches marchandes non agricoles n’ont été que de 0,8 % par an en moyenne, contre 1,5 % par an entre début 1992 et fin 2000, et 1,2 % par an entre début 2001 et fin 2007.

Chute du nombre de bénéficiaires d’emplois aidés. Fin 2017, 1,3 million de personnes occupent un emploi aidé en France métropolitaine, c’est-à-dire un emploi bénéficiant d’une aide publique, hors allégements généraux et dispositifs sectoriels. Les effectifs en contrat aidé ont diminué de 26,4 %. Les aides pour l’embauche de jeunes en CDI ont été supprimées fin 2017. Les dispositifs ciblés sur les territoires en difficulté (ZFU, ZRR, ZRD, etc.) sont eux aussi en extinction, et le nombre de salariés bénéficiaires est en constante diminution.

  • La baisse récente du nombre de bénéficiaires d’emplois aidés aurait entraîné la suppression nette de 66 000 emplois en 2017, après 3 000 emplois en 2016 et une hausse du nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A d’environ 47 000 en 2017, centrée sur le second semestre 2017.

Les embauches en contrat d’apprentissage sont restées dynamiques, en hausse de 2,6 %, en partie en raison d’une expérimentation menée dans 9 régions, permettant l’accès à l’apprentissage à toute personne de 26 à 30 ans et non plus seulement aux moins de 26 ans et à celles bénéficiant d’une dérogation.

Forte augmentation du taux d’emploi des 15-64 ans. Le taux d’emploi des 15-64 ans s’établit à 65,7 % au 4ème trimestre 2017 en France métropolitaine selon les concepts du Bureau international du travail (BIT). La hausse du taux d’emploi a concerné toutes les tranches d’âge mais plus nettement les 15-24 ans et les 50-64 ans. Le taux d’emploi des jeunes a augmenté de 1,4 point sur un an, à 29,9 % au 4ème trimestre 2017.

Le taux d’emploi des 50-64 ans a de nouveau augmenté en 2017 (+1,3 point sur un an), s’établissant à 62,1 % fin 2017. Enfin, le taux d’emploi des 25-49 ans atteint 81,0 %, soit 0,9 point de plus qu’un an auparavant.

Nouvelle diminution du sous-emploi. La part de l’emploi à temps partiel a légèrement diminué en 2017. Au 4ème trimestre 2017, 18,5 % des actifs occupés travaillent à temps partiel, soit 0,2 point de moins que fin 2016. La proportion d’actifs occupés à temps partiel est nettement plus élevée pour les femmes que pour les hommes (29,6 % contre 8,2 %), mais l’écart se réduit : depuis fin 2009, la part de l’emploi à temps partiel a augmenté pour les hommes (+1,9 point) et diminué pour les femmes (-1,2 point).

Conséquence : la part du sous-emploi a diminué de 0,6 point en 2017, après -0,4 point en 2016, et revient à son niveau de fin 2007. Cette baisse résulte de la diminution du nombre de personnes à temps partiel contraint (5,4 % fin 2017).

L’année 2017 témoigne ainsi d’une reprise économique dynamique et de création d’emplois et apporte une légère amélioration au marché de l’emploi. Mais ce n’est toujours que le début d’un processus, qui demande la poursuite de politiques des entreprises et publiques résolues pour progresser dans la diminution du chômage.


Note

Au sens du BIT (Bureau international du travail), parmi les personnes qui ne sont pas en emploi, sont considérées comme chômeurs les personnes disponibles pour prendre un emploi dans les 15 jours et qui, soit ont fait des démarches de recherche d’emploi dans le mois précédent, soit ont déjà trouvé un emploi commençant dans les trois mois suivants.


Références