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Entreprises françaises et taylorisme

jeudi 11 avril 2013

L’Agence européenne des conditions de travail http://www.eurofound.europa.eu/ réalise une enquête européenne sur les conditions de travail dans les pays européens. Les entreprises françaises ont du mal à quitter les organisations tayloriennes, avec des tâches parcellisées, un faible niveau d’autonomie et une maigre participation des travailleurs.

Exposition à des risques liés à des mauvaises postures, vibrations, positions fatigantes, porter / manipuler des personnes ; porter des charges lourdes, rester debout, mouvements répétitifs. La France est le pays le plus exposé avec un niveau supérieur à la moyenne européenne.

La proportion de travail avec un niveau d’autonomie faible et très procédurier (avec rythme de travail élevé et très standardisé), c’est le travail en juste à temps avec faible anticipation. L’enquête note une dégradation de la France. La France connaît un degré d’autonomie dans le travail qui s’affaiblit, ce qui traduit une organisation qui s’appauvrit. La France se situe au dessous de la moyenne européenne en autonomie et au dessus en charge de travail

Le niveau d’exposition au risque (maladie, stress, accident de travail…) décroît quand l’autonomie, L’autonomie dans le travail augmente par ailleurs le niveau d’engagement en laissant plus d’opportunités de développement personnel, comme la qualification.

La France connaît à 70% un travail perçu sans autonomie, ni travail en équipe.

La rotation des tâches permet aussi de réduire le niveau d’exposition aux risques physiques sur certains postes à postures ou efforts difficiles. C’est aussi un moyen d’enrichissement et de réduction de la monotonie sur un seul poste à travail répétitif en valorisant l’autocontrôle. Avec 60% de postes sans rotation, la France connaît un faible taux de polyvalence.

Après l’Angleterre (59%), royaume du taylorisme, la France atteint 47% de postes avec des tâches monotones alors que l’Autriche est à 27%, l’Allemagne à 31%.

Cet appauvrissement du contenu du travail et donc de la qualification requise se traduit aussi en France par un faible taux de tâches complexes comparativement au Danemark ou Allemagne.

La France se situe au 12ème rang sur 34 dans la perception de l’exposition aux risques. Sur ces 10 dernières années, on constate une remontée de certains pays de l’Est qui partaient de plus loin et une évolution négative de pays, dont la France.

Pour ce qui concerne le niveau de concertation et de participation des salariés dans la prise de décision et la construction des objectifs de travail, la France se classe au 29ème rang des 34 pays.

http://www.eurofound.europa.eu/surveys/ewcs/2010/index.htm

Intensité du travail : enquête France

L’exploitation de l’enquête SUMER (1) offre un regard sur l’évolution des risques professionnels entre 2003 et 2010 et confirme assez largement les constats de l’enquête européenne.

36% des salariés dépendent d’une cadence automatique d’une machine, du travail de collègues ou de normes ou de délais à respecter sur un jour. Si le contrôle direct par la hiérarchie a eu tendance à reculer entre 2003 et 2010, la charge mentale a augmenté et ce pour toutes les catégories professionnelles. L’exploitation de l’enquête révèle un net accroissement de la proportion de salariés en situation de tension au travail.

L’enquête note aussi que 40% des salariés sont soumis à au moins une contrainte physique intense

Rappel : la satisfaction au travail ne signifie pas que les conditions de ce travail soient bonnes.


PS :

http://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/2012-023-2.pdf

(1) SUMER (surveillance médicale des expositions aux risques professionnels), réalisée en 2009-2010 par 2 400 médecins du travail