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Entretien professionnel Une réforme critiquée

mercredi 1er septembre 2010

La notation sera donc remplacée par un entretien annuel qui donnera lieu à une évaluation écrite, communiquée à l’agent, mais non chiffrée. Ce nouveau dispositif sera applicable au 1er janvier 2012.

La notation des fonctionnaires supprimée au profit d’un entretien annuel. « Les dispositifs de notation avaient pour ambition de comparer les agents entre eux. Cet objectif a peu à peu été vidé de son sens avec l’alignement systématique vers le maximum de l’ensemble des notes », écrit un rapport sur la question. Avis approuvé par la CGC : « ça devient ridicule, tout le monde finit par avoir 19 sur 20 ». Ce système est jugé « infantilisant » par la CFDT, « trop scolaire » par la CGT.

Mais tout en rejetant l’ancien système, les syndicats critiquent la nouvelle formule. « L’individualisation va supprimer les critères collectifs : sur quoi va-t-on comparer les agents ? », se demande Anne Féray, de la FSU, De plus, « l’évaluateur a tendance à favoriser ceux qui lui ressemblent plutôt que les autres personnels », c’est-à-dire les cadres au détriment des agents de catégorie inférieure, par exemple. Même distance à la CGT : « On ne voit pas ce qui rend objectif le jugement rendu. » Même s’il est « normal que les fonctionnaires puissent être jugés sur la façon dont ils remplissent leur mission », « cette réforme ne répond pas aux vraies questions » que pose le système par notation, estime Jean-Marc Canon. Crainte de « l’arbitraire » aussi pour FO, alors que « la note chiffrée est opposable » : le fonctionnaire peut la contester, explique Anne Balthazar. « Il y a toujours, bien sûr, un élément subjectif dans l’évaluation d’un collaborateur, on ne l’évitera jamais », reconnaît-on au secrétariat d’État, mais « le précédent système était aussi plein d’arbitraire ». La CFDT quant à elle, approuve le changement, mais estime que « l’encadrement n’est pas assez formé à l’exercice ».

Les fédérations syndicales avaient été consultées avant la parution du décret. Leur accueil est assez froid pour autant. On a ici la démonstration du caractère irréaliste de l’article de la loi sur le dialogue social dans la fonction publique qui exige le recueil de 50% de voix parmi les syndicats représentatifs pour qu’un accord soit valide. Dans le secteur privé, les syndicats ont été plus réalistes en fixant la barre à 30%. Ce choix des 50% est d’autant plus discutable que le nombre d’organisations syndicales dans la fonction publique est plus élevé.

Il reste donc un constat : le système ancien est rejeté. Mais non un accord sur le contenu d’une réforme.