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L’impact des accords salariaux sur les salaires

mercredi 22 août 2018

Nous avons en France 3 sources d’augmentation des salaires de base, la fixation du Smic, la négociation des minima conventionnels, et les accords d’entreprise, liés à la négociation annuelle obligatoire des salaires. Quel est l’effet de chacun d’eux ? C’est à cette question que s’est attelée l’Insee, avec des réponses qui fournissent des éléments intéressants.

Le rôle des accords d’entreprises

Si on regarde sur 10 ans les données collectées auprès de 40 000 entreprises de 10 salariés et plus et de 370 branches, on s’aperçoit que l’impact le plus important est celui des accords d’entreprises. Ainsi, si on regarde sur quelques trimestres (5 ou 6), analyse l’Insee, une augmentation de 1 % du Smic rehausse le global des salaires seulement de 0,08 %, celle des minima conventionnels de 0,14 % et celle des accords d’entreprises de 0,30 %.

En effet, les augmentations du Smic touchent surtout les salaires les plus faibles par un effet de rattrapage du Smic, soit le premier décile, et entrainent un effet limité sur les salaires plus élevés. Alors que les accords de branches quant à eux comme ceux d’entreprise affectent davantage les salaires de l’ensemble des déciles et contribuent à un déclenchement plus rapide d’une hausse des salaires. Par exemple, de 2006 à 2015, les salaires de base ont progressé en moyenne de 0,5 % par trimestre.

La variabilité des évolutions des salaires

Ces hausses négociées se situent pour un grand nombre au premier trimestre de l’année (45 %), période maximum de négociations et de signatures. Leur déclenchement dépend d’abord de l’ancienneté de la revalorisation précédente, quant à l’ampleur des revalorisations elle est davantage corrélée à l’inflation et, dans une moindre mesure, au taux de chômage local.

Bien sûr, il faut ajouter que l’ampleur des augmentations conventionnelles varie beaucoup selon les branches, importante dans le nettoyage-manutention-sécurité, le BTP ou la chimie-pharmacie, alors que c’est l’évolution du Smic qui joue le rôle essentiel pour l’hôtellerie-restauration-tourisme. Dans la métallurgie, les augmentations dépendent davantage des accords d’entreprise.

La conclusion de cette étude est manifestement que le rôle de la négociation collective est essentiel sur l’évolution des salaires, par les accords d’entreprises d’abord, plus encore que par la négociation des minima conventionnels. Or les ordonnances favorisent la négociation d’entreprise, mais la mise en œuvre n’a fait que démarrer très timidement et les entreprises ne se sont pas précipitées pour négocier ! C’est donc un enjeu pour les mois prochains.




Source

Le rôle des accords collectifs sur la dynamique des salaires – Insee – Emploi, chômage et revenus du travail édition 2018 - 3 juillet 2018 :
https://www.insee.fr/fr/statistiques/3573723?sommaire=3573876