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L’INSEE publie le portrait social de la France, retour sur l’analyse macroéconomique

mercredi 26 novembre 2014

Notre pays traverserait une crise économique sans précédent, ayant des conséquences sur son tissu social et son sentiment d’identité. Pas un jour sans qu’une mauvaise nouvelle nous soit assénée. Pourtant, s’il est indéniable que notre croissance économique n’est pas très soutenue, les chiffres sont moins négatifs que ne le laisse croire le pessimisme ambiant.

La croissance du PIB reste en territoire positif malgré les soubresauts de nos voisins européens. En 2012 comme en 2013, le PIB a continué d’augmenter de 0,3% par an. Pour 2014, l’acquis de croissance est déjà de 0,4% confirmant la croissance des deux années précédentes (Lire : notes de conjoncture INSEE ). Cette hausse n’est bien entendu pas suffisante pour générer emplois et richesses suffisantes pour une population en accroissement, mais elle contraste avec l’impression de récession ambiante. On devrait ainsi parler davantage de stagnation économique que de récession, mot réservé aux baisses de PIB.

Quelles sont les contributions à la croissance ?

Le PIB a été soutenu par la consommation des ménages en 2013 (+0,2%) qui s’est redressée par rapport à 2012 (-0,5%) (hors consommations de biens publics tels que l’éducation et la santé qui sont eux restés toujours dynamiques autour de 2% par an).

Dans ce contexte les dépenses publiques ont continué de jouer les stabilisateurs automatiques, continuant même d’augmenter. On constate en effet une consommation publique en hausse de 0,4 % en 2011 mais qui passe à 1,5% en 2012 et même 1,6 % en 2013. La rigueur ne semble alors pas très présente au regard de ces chiffres positifs malgré son omniprésence dans le débat public.

Plus surprenant, la croissance a été aussi soutenue par les exportations. Alors que le débat public est obsédé par la compétitivité à l’exportation, en focalisant excessivement sur les coûts de production (donc les salaires), on constate que le commerce extérieur a même contribué positivement à la croissance comme le souligne l’INSEE. Les importations (+1,7% en 2013) sont même moins dynamiques que les exportations (+2,2% en 2013) marquant ainsi un léger redressement de la balance commerciale.

Ceci confirme les prévisions en cours faisant état d’une « reprise venue d’ailleurs » récemment publiées par l’institut XERFI.

La plus forte inquiétude provient finalement des entreprises. Malgré des tendances globales positives (même si cela reste trop limité bien évidemment), l’investissement des entreprises s’est écroulé entre 2011 et 2013 : elle est passée de + 3,9 % à - 0,9 % répondant ainsi au creux économique de 2012. Cette hésitation récurrente des entreprises à investir révèle une grande frilosité à l’égard de la croissance future, sans aucun doute une défiance par rapport à l’environnement fiscal et réglementaire corroborée par les hésitations gouvernementales …et peut-être le manque d’imagination de nombre de chefs d’entreprise.

Mais bien évidemment ces deux années de croissance molle ont eu des conséquences sociales importantes. C’est ce que souligne le nouveau Portrait social publié par l’INSEE. Il révèle ainsi que le chômage de longue durée a augmenté. De même les inégalités ont cessé de se réduire et le nombre d’allocataires de minima sociaux s’est accru d’un quart.


Lire : Insee, Portrait social de la France 2014