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Réforme des retraites, les premières réactions des partenaires sociaux

mercredi 28 août 2013

Les partenaires sociaux ont réagi aussitôt à l’annonce des principales mesures correctrices sur les retraites le 27 août. Les syndicats de salariés ont des positions divergentes, entre celles qui ont choisi de longue date d’organiser une manifestation contre la réforme des retraites le 10 septembre et celles qui ne manifesteront pas. Les organisations patronales ont exprimé surtout des désaccords.

Du côté des syndicats de salariés

CFDT

« La CFDT, qui demandait une réforme qui corrige les inégalités, pérennise le système de retraite par répartition et redonne confiance à toutes les générations, prend acte des efforts partagés et mesurés qui sont demandés et restera vigilante sur la concrétisation des mesures de justice annoncées. »

Pour elle, les points positifs sont :

  1. la création d’un compte personnel pénibilité qui donnera des droits en matière de départ anticipé ou progressif à la retraite, ou encore de formation ou de reconversion.
  2. la mise en place de mesures importantes en faveur des jeunes en apprentissage.
  3. la réduction de 200 à 150 du nombre d’heures Smic nécessaires pour valider un trimestre favorisera les salariés précaires.
  4. le dispositif carrières longues (…) est renforcé.
  5. la forfaitisation d’une partie des droits familiaux de retraite à partir de 2020 devrait permettre une réduction des écarts de pension entre les femmes et les hommes. Cependant, elle regrette que « cette démarche ne soit pas amorcée dès à présent.

Elle prend acte de la poursuite après 2020 de l’allongement de la durée de cotisation, mais sera attentive à ce qu’il respecte le partage 2/3 – 1/3 des gains d’espérance de vie entre durée d’activité et temps de retraite.
Enfin, elle regrette qu’aucune mesure précise n’a été annoncée en faveur des polypensionnés.

CFTC

Les mesures sur la réforme des retraites annoncées par le Gouvernement pérennisent le système par répartition tout en corrigeant certaines inégalités. Au regard de ses principales attentes, la CFTC considère avoir été en grande partie entendue !

Elle regrette l’absence de mesures plus significatives envers les femmes.
Une inquiétude persiste quant au financement d’ensemble de la protection sociale et veillera à ce que les réformes à venir ne se fassent pas au détriment de la famille.

CGC

La CGC regrette le choix de financement du déficit et propose une cotisation sociale sur la consommation (TVA sociale).

Pour elle, le process de mise en place du compte-pénibilité reste opaque, (…) elle déplore que seuls 10 critères de pénibilité soient retenus (sans le stress) et se pose de nombreuses questions quant au financement : le gouvernement doit mettre en place une véritable méthode de travail afin que les partenaires sociaux s’accordent de manière responsable sur le traitement de ce sujet.

La CFE-CGC demande le maintien des avantages familiaux à partir du 3ème enfant et dans les règles actuelles.

Enfin pour elle, le rachat d’années d’études est un premier geste qui n’est pas suffisant. Elle demande la possibilité de racheter un an pour les diplômés jusqu’à bac +3, et deux ans pour les diplômés au-delà avec une aide forfaitaire de 1 000 euros par trimestre racheté ouvert pendant les 10 premières années du parcours professionnel.
« C’est à la lumière du dispositif définitif que nous envisagerons notre participation ou non à la journée du 10 septembre. ».

CGT

« Une réforme qui pénalise les salariés et la jeunesse :
Cette réforme se situe dans la continuité des précédentes en privilégiant la poursuite jusqu’en 2020 de l’allongement de la durée de cotisation prévue par la loi Fillon, et en prolongeant ces dispositions après 2020 ».

Pour elle, certaines dispositions qui pourraient apparaître favorables aux salariés, notamment au sujet de la pénibilité, des femmes et des jeunes, n’auraient qu’une portée très limitée sur les salariés concernés. Exemple : une carrière complète de travail pénible conduirait à un départ à 60 ans, sous certaines conditions restrictives.

À son avis, « le Premier ministre, enfermé dans le dogme dans la baisse du coût du travail, prépare une prochaine réforme de la branche famille de la Sécurité sociale destinée à transférer son financement sur les ménages ».

Tout cela lui confirme sa décision de manifestation le 10 septembre.

FO

Il n’y avait pas pour elle d’urgence sur le dossier, car tout dépend de la croissance économique dans les prochaines années.

En premier lieu, Force ouvrière critique l’allongement de durée de cotisation après 2020. « Les jeunes sont les victimes de ce projet de réforme ». C’est pour elle la poursuite de la même logique que les cinq précédentes réformes des retraites en 20 ans, avec comme marqueur unique l’allongement de la durée de cotisation. Et retarder la retraite quand les seniors connaissent autant le chômage ne lui paraît pas cohérent.

Même si elle voit quelques points positifs comme le non recours à la CSG et le financement de la pénibilité par les entreprises, pour elle la réforme n’est pas équilibrée.

La manifestation du 10 septembre a pour elle le but d’essayer de « faire bouger le gouvernement, notamment sur la durée de cotisation ».

Du côté du patronat

MEDEF

« Les mesures annoncées ce soir par le Premier ministre sont un renoncement à régler de manière durable la question des retraites par une véritable réforme. Le Gouvernement a annoncé une juxtaposition de mesures disparates pour répondre à un problème structurel ».

Pour lui, cela ne présage que d’une réduction très partielle du déficit à horizon 2020 par de nouvelles cotisations qui, dès 2014, seront un frein à la capacité de relance de l’économie française... Cela ne répond pas à l’urgence de la situation alors que le déficit cumulé du système de retraite sera de 200 milliards en 2020.

De plus, c’est donc une incertitude qui subsiste sur le système de retraite, en l’absence de réforme structurelle, et qui fait peser à court terme un risque pour les régimes complémentaires dont la situation financière est dégradée.

« Enfin, la perspective d’un allègement du coût du travail reste à ce stade hypothétique. » (cotisations pour la branche famille de la sécurité sociale).

CGPME

« La réforme annoncée (…) se traduira finalement par une augmentation supplémentaire des dépenses, notamment à travers l’instauration de comptes pénibilité financés et gérés par les entreprises ».
De plus, pour elle, l’augmentation des cotisations d’assurance vieillesse des entreprises et des salariés viendra renchérir le coût du travail.
Enfin l’organisation patronale souligne que « les sujets qui fâchent, comme l’alignement de la CSG des actifs et des retraités ou la convergence des modalités de calcul des pensions entre les secteurs public et privé, ont été soigneusement évités ».

UPA

L’UPA remarque d’abord que le Premier ministre a confirmé sa volonté de ne pas alourdir le coût du travail.

Un regret, que le gouvernement ne s’attaque pas à la réforme structurelle nécessaire pour faire face à l’allongement de la durée de vie. Il concentre son action sur une augmentation des prélèvements alors que la vraie solution pour mettre fin aux déficits des régimes de retraite consisterait à accroître la durée d’activité et à reculer l’âge légal de départ à la retraite avant l’échéance de 2020.