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Plan Villepin : l’arme impuissante du catalogue administré

dimanche 1er janvier 2006

Le 12 décembre 2005, le Premier ministre a réuni les partenaires sociaux

Les points principaux de son plan d’action
- Le ministre de l’emploi est chargé d’élaborer avec les partenaires sociaux un plan d’action concerté pour les jeunes dans le domaine de l’emploi.
- Un contrat de transition professionnelle sera expérimenté dans six bassins d’emploi pour des licenciés économiques
- Un droit individuel à la formation d’une durée d’un an pour ceux qui n’auraient pas poursuivi leur scolarité au-delà de 16 ans et qui ont une expérience professionnelle d’au moins deux ans.
- Le triplement des passages en VAE
- Une loi prochaine sur la participation créant un « dividende du travail »
- La prime de transport inscrite dans la négociation annuelle obligatoire

Les réactions syndicales ont toutes été d’une tonalité négative :
- la richesse du discours contre la pauvreté des annonces pour la CGT
- moulin à vent et non grain à moudre pour FO
- rien de nouveau pour la CFTC
- un catalogue qui ne fait pas un plan pour la CFDT

Le MEDEF n’a pas été plus tendre.
Surabondance d’annonces, risques d’interventions bureaucratiques qui se révèleront inefficaces. La présidente du MEDEF a enfin été très choquée par l’annonce de création d’un contrat de transition professionnelle : « On ne peut d’un côté en appeler au dialogue social et tout à coup faire sortir une nouvelle forme de contrat sans en avoir parlé à des partenaires qui ont créé la convention de reclassement ».

La CGPME critique l’annonce soudaine d’un droit universel à la formation et la création d’un contrat de transition professionnelle qui « complexifie un domaine que les entrepreneurs ne comprennent déjà plus ».

Bref, un flop ? Non tout cela relève du théâtre social bien de chez nous. Les partenaires ne sont pas réunis pour discuter, se concerter avec le Premier ministre, mais pour comme au théâtre, lui offrir une réplique après sa tirade, le tout devant les médias qui rendront compte du jeu des acteurs.

Le gouvernement garde la main et se préoccupe du pays, c’est ce qu’il veut faire entendre.

Les syndicats revendiquent, c’est ce qu’ils veulent qu’on entende.

Le patronat veut le calme, on l’a entendu.

Dans ce jeu de rôles, chacun a joué sa partition. C’est sans doute pour cela que l’on parle d’acteurs sociaux.

Dans la plupart des autres pays européens, la concertation ne se pratique pas ainsi. On discute en tête à tête, on confronte avec des experts, on consulte des comités, on prend le temps de s’expliquer, on cherche des solutions, on ne rédige pas des déclarations.

Dans le benchmarking des pratiques européennes, la manière de conduire des concertations tripartites pourrait être inscrite au chapitre des nécessités. Mais il faut noter que si la manière de la conduire est importante, encore faut-il que les partenaires veuillent vraiment pratiquer une concertation.

Les engagements du Président de la République sur la concertation préalable apparaissent bien éloignés.