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Tableau de bord de l’attractivité

samedi 30 janvier 2016

La France est un pays qui continue d’attirer des investisseurs étrangers, comme en atteste le récent Tableau de bord de l’attractivité publié par Business France en partenariat avec le Ministère de l’économie et des finances en novembre dernier. Mais l’intérêt de ce rapport réside ailleurs : il liste un ensemble de déterminants de l’attractivité qui donnent une dimension plus large de la compétitivité, souvent résumée au seul coût du travail.

La France reste attractive mais quelques éléments négatifs peuvent être identifiés

La France, avec 606 milliards d’euros (+4 %), est la 7ème économie mondiale en termes de stock d’investissement direct étranger (IDE) entrant, 3ème en Europe derrière le Royaume-Uni et l’Allemagne. Cette performance doit être soulignée car elle se produit dans un contexte international peu porteur puisque les IDE ont reculé de 16 % au niveau mondial, en raison de la crise économique.

Notre pays confirme sa tradition d’ouverture internationale : les filiales étrangères contribuent pour 11 % de l’emploi total, ce chiffre s’élevant à 22 % dans le secteur industriel.

Néanmoins, les flux d’IDE qui s’élèvent à 15 mds €, placent la France en 19ème position. L’écart entre le stock et le flux d’IDE vient ainsi assombrir le constat d’abord positif présenté par le Rapport. En effet, si les IDE en flux sont au 19ème rang mondial, le rang de France en termes de stock d’IDE devrait diminuer à terme. Ainsi, le stock d’IDE entrants en pourcentage du PIB a reculé, passant de près de 50 % du PIB en 2007 à 25 % en 2014. Pourtant cette part s’est accrue dans la plupart des pays européens et aux USA, ou est restée stable comme en Allemagne.

L’attractivité repose sur des aspects qualitatifs dans lesquels la France est pourtant plutôt bien placée

Le rapport présente également une partie encore plus intéressante consacrée à l’attractivité de la France qui rassemble l’ensemble de ses déterminants. 9 grands déterminants sont ainsi analysés :

  • 1. Taille et dynamisme du marché
  • 2. Education et capital humain
  • 3. Recherche et innovation
  • 4. Infrastructures
  • 5. Environnement administratif et réglementaire
  • 6. Environnement financier
  • 7. Coûts et fiscalité
  • 8. Qualité de vie
  • 9. Croissance verte

Le rapport effectue un classement de notre pays dans chacun des 9 grands domaines. Il en ressort que la France est en général 2ème ou 3ème, et qu’elle n’est jamais classée au-delà de 4ème mondial. Ainsi, notre pays est 4ème en termes de coût horaire de la main d’œuvre dans l’industrie, mais elle est bien mieux placée dans les flux de crédits aux entreprises (1ère), dans la relation en ligne avec les administrations (2ème), les créations d’entreprise (1ère). Elle est cependant moins bien placée en ce qui concerne les facilités administratives en termes d’exécution des contrats (3ème), facilité d’accès aux contrats (4ème) ou le coût d’exploitation des entreprises (3ème).

Le rapport recommande ainsi d’améliorer l’attractivité en matière de « développement technologique et d’innovation », ainsi que d’« environnement administratif et réglementaire ». Ceci permet dès lors de présenter un tableau plus nuancé de la compétitivité de notre pays, souvent résumée à son seul coût du travail. Le rapport souligne d’ailleurs, dans ce domaine, que le Crédit d’impôt compétitivité emploi a permis de réduire de 3,5 % le coût du travail. Il rejoint ainsi de nombreuses études réalisées ces dernières années, dont le rapport des partenaires sociaux sur les déterminants de la compétitivité signé par les employeurs et 3 organisations syndicales (Cfdt, Cftc et Cgc). Reste que le recul de la part des IDE dans le PIB n’est pas un bon message. Peut-être que la France pâtit d’une image négative auprès des investisseurs qu’il conviendrait de corriger en communiquant davantage sur les aspects positifs de notre pays.


Pour aller plus loin :