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Les temps de déplacement entre domicile et travail

mercredi 23 décembre 2015

50 minutes en moyenne mais des disparités importantes.
Alors que la France a accueilli la COP 21, une enquête de la DARES s’intéresse au temps de déplacement entre le domicile et le travail (année 2010). Ce temps s’est accru de 25 % en 17 ans.

Le temps de déplacement s’ajoute au temps de travail. Il n’est pas considéré comme un temps de travail effectif et ne donne pas droit, sauf exceptions, à un décompte et à une rémunération. La durée du trajet, ainsi que les modes de transport à disposition, sont des enjeux importants pour les personnes car ils peuvent constituer un obstacle à la mobilité et à l’accès à l’emploi et constituer une source de fatigue. Les enjeux environnementaux sont aussi cruciaux.

L’aller-retour entre le domicile et le lieu de travail prend, en moyenne, 50 minutes chaque jour, 10 minutes de plus qu’en 1998.

En 2010, les actifs en emploi ont consacré, en moyenne, 50 minutes par jour travaillé pour aller et revenir de leur domicile à leur lieu principal de travail. Cette durée, qui peut inclure un détour s’est accrue de 10 minutes depuis 1998. La durée quotidienne de trajet est inférieure à la demi-heure pour 34% des actifs en emploi, comprise entre une demi-heure et une heure pour 31%, et d’une heure ou plus pour 35%.
En 1998, davantage d’actifs en emploi faisaient un trajet de moins de 15 minutes par jour (17% contre 13% en 2010) alors que ceux dont le trajet était supérieur à 1 heure 30 par jour étaient moins nombreux (12 % contre 16 %).

Cette moyenne cache des différences importantes entre la région parisienne et les autres zones géographiques.

En effet, les trajets sont deux fois plus longs à Paris et en région parisienne avec, en moyenne, 68 minutes pour faire l’aller-retour entre le domicile et le lieu de travail. Les distances à parcourir sont plus courtes mais la vitesse est plus faible à cause des embouteillages et de l’usage plus répandu des transports en commun. Pour les résidents des autres aires urbaines, le temps d’un aller-retour varie selon les zones, de 35 minutes pour les petits pôles urbains et leur couronne, à 57 minutes pour les couronnes des grands pôles urbains.
Les déplacements domicile-travail sont le plus souvent identiques tous les jours, ils ne varient que pour 14 % des actifs en emploi en 2010.

La prime à la voiture

Pour se déplacer de leur domicile à leur lieu de travail, 74 % des actifs en emploi utilisent une voiture (à titre principal ou secondaire). Entre 1998 et 2010, le recours aux transports en commun (15% contre 11 %) et la marche à pied (17% contre 7 %) ont baissé.
L’usage de la voiture apparaît plus répandu dans les semaines aux journées dont les horaires sont décalés par rapport aux horaires standard, en particulier le matin. Le choix du mode de transport dépend de la distance, de l’offre de transport, de la taille du ménage, du stationnement, du coût... Il varie également selon la zone de résidence.

Un temps de déplacement plus court dans les semaines de travail aux durées journalières les plus faibles

Le temps de déplacement est fortement lié à l’organisation des horaires de travail. Les personnes qui ont travaillé une semaine de demi-journées ou une semaine aux journées courtes (ou variées) ont un temps de trajet plus court que les autres (environ 30 minutes), Ces semaines sont plus souvent celles d’employés non qualifiés (employés de commerce et personnels de services directs aux particuliers) ou d’enseignants.
Ces professions sont plus uniformément réparties sur le territoire, ce qui peut expliquer des temps de transports moindres, en comparaison avec d’autres professions plus spécialisées et plus concentrées dans des bassins d’emploi spécifiques. Les salariés concernés par ces types de semaine sont en outre plus souvent à temps partiel et peuvent éviter en partie les heures de pointe. Ces salariés, dont les durées totales travaillées par jour sont les plus faibles, pourraient donc chercher à rationaliser davantage la durée de leurs déplacements relativement à leur durée de travail.

Les déplacements des femmes, moins longs et comportant plus souvent un détour

Les temps de déplacement des hommes sont plus longs que ceux des femmes avec une moyenne de 52 minutes pour un aller-retour contre 46 minutes pour les femmes. Ces dernières travaillent, en général, plus près de leur domicile mais réalisent plus de déplacements quotidiens (pas uniquement professionnels). 24 % des femmes contre 13 % des hommes effectuent habituellement un détour lors de leur trajet domicile-travail pour déposer un enfant, aller le chercher, faire des courses. C’est le cas de 33 % des femmes avec au moins un enfant et de 16 % des hommes dans la même situation.

Les trajets domicile-travail, source de fatigue pour 15 % des actifs en emploi

36 % des actifs en emploi déclarent être toujours fatigués à la fin d’une journée normale de travail et 50 % l’être parfois. Ils étaient plus nombreux en 1998 à se déclarer parfois fatigués (57 %) et moins nombreux à dire l’être toujours (29 %). L’intensité de la journée de travail (64 %) et du rythme de travail (60 %) sont les causes de fatigue les plus fréquemment citées et celles aussi qui ont le plus augmenté depuis 1998.
Les déplacements entre le domicile et le travail sont moins souvent cités comme cause de fatigue : seuls 15 % des actifs en emploi l’évoquent. Cette fatigue provoquée par les trajets apparaît directement liée à la durée des déplacements. Ainsi, à partir d’une heure de trajet quotidien, les actifs déclarent plus souvent être fatigués. Et c’est là où les temps de trajet sont les plus longs, à Paris et dans sa région, que les personnes se déclarent le plus souvent fatiguées par les trajets. C’est aussi parmi les cadres, essentiellement basés dans des zones urbanisées, notamment en Ile-de-France, que l’on retrouve une plus grande fatigue liée aux transports. Le mode de transport utilisé a aussi une influence significative : les personnes qui utilisent principalement le train et le métro déclarent plus souvent être fatiguées à cause des trajets.

On le voit à travers cette enquête, l’usage de la voiture pour les déplacements domicile /travail s’est accru de 1998 à 2010, au détriment des transports en commun et de la marche à pied. Ces chiffres valident les efforts actuels, à l’œuvre dans de nombreux territoires, pour changer les modes de déplacement, en privilégiant les modes « doux » et non polluants de transport. Il faut donc suivre la génération « Vélib » de près.


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