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Les clés du social : Réduction et aménagements du temps de travail : où en est-on dans les entreprises ?

Réduction et aménagements du temps de travail : où en est-on dans les entreprises ?

Publié le 7 septembre 2024 / Temps de lecture estimé : 3 mn

Pour les salariés, la durée effective du temps de travail évolue peu et continue de baisser pour les indépendants, tandis que les dispositifs d’aménagement du temps de travail tels que les jours de RTT et le CET (compte épargne temps) sont essentiellement pratiqués dans les grandes entreprises. Tels sont les principaux enseignements que l’on peut tirer de deux études de la DARES parues au cours de cet été 2024.

La durée du temps de travail : légère hausse depuis 2008

Après une hausse sensible au début des années 2000 (1 493 h en 2003), la durée annuelle effective du temps de travail comprenant les temps pleins et les temps partiels s’est stabilisée à partir de 2008 à un niveau se situant autour de 1 540 heures tout en progressant légèrement durant les années 2010 pour atteindre 1 549 h en 2023.

De même, la durée habituelle hebdomadaire (semaine normale sans événement particulier) a connu une baisse régulière durant les années 1990 accentuée début 2000 avec les lois sur la RTT de 1998 et 2000. Elle s’est redressée ensuite pour se situer autour de 36 heures. Elle était de 36,2 heures par semaine en 2023.

En 2023, la durée effective annuelle effective pour les salariés à temps plein était de 1 669 heures et pour les salariés à temps partiel de 968 heures.

Les travailleurs indépendants travaillent beaucoup plus. Leur durée annuelle effective était de 1 971 heures par an en 2023. Toutefois, contrairement aux salariés, cette durée du travail a nettement diminué depuis 2003 où elle était de 2 453 heures.

Les jours de RTT, c’est pour les plus grandes entreprises…

40,1 % des entreprises de plus de 10 salariés du secteur privé non agricole bénéficient de jours de RTT en plus de leurs congés légaux. Mais les jours de RTT sont inégalement répartis. En effet, plus les entreprises sont grandes plus la pratique des jours de RTT est courante. Un tiers des entreprises de 10 à 49 salariés les pratiquent alors pour les entreprises de plus de 500 salariés, la proportion est de 90 %.

Ce sont dans les secteurs de la fabrication des matériels de transport et de l’information-communication qu’ils sont les plus pratiqués (respectivement 76,1 % et 71,3 %). Là où la part des cadres est supérieure à la moyenne. Par contre, c’est dans l’hôtellerie restauration et la construction que les jours de RTT sont les moins utilisés (22 % et 33 %).

…et pour le CET

Finalement, une part très faible des entreprises (8,6 %) disposent d’un système de compte épargne temps (CET). Là encore plus la taille de l’entreprise augmente plus le CET est pratiqué. Ainsi, on passe de 5,3 % des entreprises de 10 à 49 salariés à 57,1 % pour les entreprises de plus de 500 salariés. Ce sont plus particulièrement les secteurs de la banque-assurance qui le pratiquent le plus (26,1 %) suivis de la fabrication de matériel de transport (24,5 %). Ils sont pratiquement inexistants dans le secteur de l’hôtellerie-restauration (2,2 %) et la construction (5 %).

Là encore, ce sont dans les secteurs où il y a de nombreux cadres que le CET est le plus proposé.

La semaine de 4 jours, un phénomène marginal en 2023

Sujet souvent mis en avant notamment dans le monde politique, la semaine de 4 jours n’était pratiquée que par 3,4 % des entreprises en 2023. À l’inverse des autres dispositifs, elle est plus utilisée dans les petites entreprises : 3,7 % des 10-49 salariés et 3 % des 50-99 salariés contre 1,3 % des 100-199 salariés et 1,9 % dans les entreprises de plus de 200 salariés.



La RTT et son aménagement comme le prouve un certain nombre d’enquêtes ne sont plus l’objet de réels débats dans les entreprises. Pourtant, notamment dans les plus petites et des secteurs comme le tourisme ou la construction, qui se plaignent souvent de pénurie de main d’œuvre, il y a encore des progrès à réaliser qui pourraient être des facteurs d’attractivité de la main d’œuvre. Un évident sujet de dialogue social !


Sources