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Attractivité économique des territoires : une France plurielle

jeudi 15 novembre 2012

L’attractivité économique est définie par l’Insee comme la capacité d’un territoire à attirer des ressources provenant de l’extérieur. On distingue la capacité à attirer des activités (productions) et des revenus (attractivité résidentielle).

Absente des grands dictionnaires économiques, l’attractivité économique est définie par l’Insee comme la capacité d’un territoire à attirer des ressources provenant de l’extérieur. On distingue la capacité à attirer des activités (productions) et des revenus (attractivité résidentielle).

La France est ainsi composée de territoires aux types d’attractivité très différents. La concentration, en Île-de-France, des centres de décision des grandes entreprises et des grands établissements secondaires attire les jeunes actifs et les étudiants. En province, des métropoles régionales jouent, à leur échelle, le rôle de la capitale et sont attractives pour les étudiants, ainsi que pour les grandes entreprises et leurs emplois. Il s’agit là d’une attractivité de type ‘’métropolitain’’. Autour d’elles, des territoires, plus orientés vers une économie résidentielle, bénéficient d’une attractivité de type ‘’péri-métropolitain’’. La plupart des zones du sud de la France, attractives pour toutes les populations, profitent ainsi d’une attractivité résidentielle (l’économie résidentielle suppose qu’une partie importante de l’activité économique d’un territoire provient de la présence, et donc de la consommation de personnes sur ce territoire). À l’opposé, les territoires du nord de la France, marqués par l’industrie ou l’agriculture, peuvent apparaître en panne d’attractivité.

Touristes et retraités

Le littoral et les massifs montagneux attirent les touristes et les retraités. Dans les zones d’emploi alpines, on privilégie le tourisme (la France demeure dans le top mondial des destinations). Sur la côte atlantique, on accueille aussi des retraités apportant de nouveaux revenus. Aux frontières des grandes villes, ce sont plutôt les travailleurs et leur famille qui s’installent, tout en travaillant dans les métropoles. Le prix de l’immobilier déplace de plus en plus d’actifs et les « navetteurs »qui viennent de loin pour travailler, représentent 2,5 % de la population. L’attractivité résidentielle explique la progression d’un emploi qui lui est lié

Les métropoles

La capitale, sa banlieue et quelques métropoles en régions concentrent elles l’arrivée des salariés les plus qualifiés : Paris, Saclay, Toulouse, Alpes-Maritimes, Lyon, Nantes, Grenoble, Rennes, Pau, Lannion... Ces agglomérations comportent le plus de cadres et de professions intellectuelles supérieures. Elles abritent des pôles universitaires, des centres de recherche et des entreprises spécialisées dans les technologies de pointe.

Des salariés disponibles

Mais l’attractivité productive concerne également des territoires qui accueillent moins de salariés qualifiés. Elle passe alors plutôt par des créations ou des extensions d’établissements même si les grandes opérations se font rares (de Toyota il y a dix ans à Amazon plus récemment). Cette forme d’attractivité productive concerne souvent les zones d’emploi de villes grandes à moyennes du nord de la France comme Lille, Strasbourg, Nancy, Reims, Le Havre ou Rouen…

Les zones peu attractives

Enfin, 4 zones d’emploi sur 10 sont peu attractives. Ces zones sont notamment en Champagne-Ardenne et en Lorraine, D’autres territoires, globalement peu attractifs, ont toutefois une attractivité résidentielle proche de la moyenne nationale. Ils sont souvent dans le Sud-ouest (Bergerac, Périgueux, Agen…) mais également en Bretagne (Saint-Brieuc, Quimper…) et dans des massifs montagneux (Vosges, Jura, Massif central…).

Définitions

La typologie de l’attractivité des zones d’emploi est définie à partir de 5 indicateurs : 2 relèvent de l’attractivité productive et 3 de l’attractivité résidentielle :

1. Le taux d’arrivée d’emplois : nombre moyen de créations et de transferts d’emploi par des décideurs - siège d’entreprise ou tête de groupe - extérieurs au territoire dans les établissements de la sphère non pré 2. 3. résidentielle 2. Le taux d’arrivée d’actifs qualifiés (rapport entre le nombre d’arrivées d’actifs qualifiés au lieu de travail et le nombre total d’emplois), 3. Le taux d’arrivée de retraités (recensement de la population) 4. Le taux d’installation d’actifs travaillant hors zone (part du nombre moyen d’actifs venus habiter dans la zone alors qu’ils travaillent ailleurs par la population totale), 5. La part de l’emploi salarié lié au tourisme.

En fonction des valeurs prises par ces indicateurs, une typologie en 8 classes se dessine (carte).

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PS :

 :: : Source : Catherine Sourd, L’attractivité économique des territoires. Attirer des emplois, mais pas seulement, Insee Premières n°1416, octobre 2012
http://www.insee.fr/fr/ffc/ipweb/ip1416/ip1416.pdf