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Révolution numérique et emploi : l’adaptation des compétences est essentielle

mercredi 29 novembre 2017

Déjà, dans les années 1830, les salariés des Forges de la Loire s’opposaient à l’arrivée de machines dans leur entreprise par peur de perdre leurs emplois. Pourtant nous avons depuis vécu deux siècles de développement des technologies et l’emploi a bien augmenté.

L’impact de l’automatisation et de la numérisation repose la même question. France Stratégie et le Conseil d’orientation pour l’emploi ont fait le point et estiment que si 10 % des emplois seraient menacés à court et moyen terme, il n’en est pas forcément de même à plus long terme et qu’il n’y a pas de déterminisme de diminution des emplois. Mais la moitié des emplois connaissent de profondes évolutions, des transformations. Dans cette période de transition se pose donc très fortement la question de l’adaptation des compétences à la révolution numérique.

Trois groupes de compétences particulièrement mobilisées

- Une grande partie de la population active devra acquérir sans tarder et développer ses compétences numériques : maîtrise des outils, capacité à évoluer dans un univers professionnel numérisé, capacité d’esprit critique ; mais aussi les compétences transverses et comportementales telles la capacité à travailler en équipe, une « intelligence sociale », l’autonomie et apprendre à apprendre.

- La moitié des actifs, parce qu’ils verront le contenu de leur emploi notablement ou profondément modifié auront besoin de compétences nouvelles, dont des compétences numériques. On les voit déjà associées à des emplois de vendeurs, d’employés administratifs, à des métiers agricoles (culture sous serre automatisée) etc., finalement dans tous les secteurs.

- Bien sûr le besoin est grand en emplois des technologies de l’information et de l’électronique : on estime la pénurie à 80 000 emplois d’ici 2020 en particulier pour la gestion et l’exploitation de données, la programmation, la conception et la maintenance de logiciels.

L’accroissement des demandes de compétences est donc très important. Cette demande se retrouve aussi forte au niveau européen. Or en France, l’écart entre offre et demande de compétences est fort. Et si la transformation numérique favorise le recrutement des cadres, cette demande est aussi très forte pour les emplois peu ou surtout moyennement qualifiés.

Propositions pour une stratégie d’évolution des compétences

Pour le COE, une stratégie doit être globale et combiner compétences, certification et utilisation : pour améliorer le niveau de qualification et agir sur les compétences, en lien avec le besoin de compétences de plus en plus expertes. Ces acquisitions doivent être certifiées afin de permettre leur reconnaissance dans l’entreprise et la sécurisation des parcours professionnels. Leur maintien dépend aussi de leur sollicitation dans le cadre des fonctions et tâches exercées.

La stratégie proposée concerne tant les jeunes en formation initiale que les actifs, les TPE, et aussi les managers. Pour cela, l’organisme propose de mettre la transition numérique et l’automatisation au cœur du dialogue social et de renforcer le rôle des partenaires sociaux : pour l’élaboration des référentiels et l’adaptation des certifications, pour une GPEC renouvelée, y compris au niveau territorial. Et d’en faire un « Grenelle des compétences ».

Cela suppose d’améliorer le système d’orientation scolaire et professionnelle, de réformer le système de certifications (diplômes, titres professionnels et certificats de certification professionnelle), d’articuler toutes les formes d’apprentissage (formation initiale, continue, 2ème chance, informelle) et la VAE. D’ailleurs, pour diffuser la culture digitale, la formation est plébiscitée par 7 salariés sur 10. Cela demande aussi de poursuivre l’adaptation de l’école, de l’université et la formation permanente à cet environnement numérique et à son évolution rapide.

La France est en retard dans la prise en compte de la révolution numérique. Pourtant l’avenir de l’économie, des administrations et des emplois en dépend. Ce rapport appelle à une progression rapide de la maîtrise de ces compétences nouvelles pour un grand nombre d’actifs. Retenons en aussi la préconisation de mettre ces questions au cœur du dialogue social, au niveau national général, des branches professionnelles et des entreprises. Les élus et militants ont là une question à creuser pour une mobilisation de leurs directions.


Références