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Dépenses de santé et dépenses sociales, effets de la crise

jeudi 31 janvier 2013

Le poids des dépenses de santé a régressé en 2010 dans une majorité des pays européens.... Mais les dépenses sociales sont en hausse. C’est la France qui consacre la plus grosse part de son PIB à la politique sociale.

Les dépenses de santé en recul dans l’UE en 2010

Le poids des dépenses de santé a régressé en 2010 dans une majorité des pays européens après la mise en œuvre de politiques de rigueur pour rééquilibrer les comptes publics, selon le nouveau rapport conjoint de l’OCDE et de la Commission européenne.

Cette chute des dépenses de santé par habitant et en pourcentage du PIB met fin à la hausse observée au cours des années ayant précédé la crise économique, lorsque les dépenses de santé par habitant augmentaient deux à trois fois plus vite que les revenus dans de nombreux pays. D’un taux de progression annuel moyen de 4,6 % entre 2000 et 2009, les dépenses de santé par habitant sont passées à - 0,6 % en 2010. C’est la première chute que connaissent les dépenses de santé en Europe depuis 1975. En Irlande, elles ont par exemple reculé de 7,9 % en 2010, en Grèce, de 6,7 %. Elles ont en revanche encore augmenté en France (0,8 %) ou en Allemagne (2,7 %).

La réduction ou le ralentissement des dépenses dans la quasi totalité des pays de l’UE a été si radicale que le rapport met en garde quant aux conséquences possibles à long terme pour la santé des populations. Les programmes de santé publique et de prévention sont les premières victimes des restrictions budgétaires. Le rapport indique notamment que c’est aux Pays-Bas que les dépenses de santé en pourcentage du PIB étaient les plus élevées (12 %) en 2010, suivis par l’Allemagne et la France (11,6 %).

Mais les dépenses sociales en hausse

Les dépenses sociales ont atteint 22 % du PIB, en moyenne, dans la zone de l’OCDE, en 2012, contre 19 % en 2007. L’augmentation de la part des dépenses sociales dans le PIB s’explique par le fait que les gouvernements mobilisent davantage de ressources pour les dispositifs sociaux comme les allocations chômage et les prestations de garantie de revenu, mais aussi par le fait que le PIB stagne ou diminue dans de nombreux pays.

Les dépenses sociales réelles ont augmenté, en moyenne, d’environ 10 % depuis 2007/2008. Les dépenses sociales réelles ne sont en diminution que dans deux pays seulement - de 14 %, en Grèce et de 13 % en Hongrie. C’est la France qui consacre la plus grosse part de son PIB à la politique sociale, avec 32.1 %, suivie par le Danemark (30.2 %) et la Suède (29.8 %).

Les dépenses publiques consacrées aux allocations chômage sont passées, en moyenne, de 0,7 % du PIB en 2007 à 1,1 % en 2009 et, depuis, elles se maintiennent à ce niveau. Les plus fortes progressions entre 2008 et 2009 ont été enregistrées en Islande (où on est passé de 0,3 % du PIB à 1,7 %), en Irlande (de 1,4 % à 2,6 %) et en Espagne (de 2,2 % à 3,5 %).

Les dépenses consacrées aux prestations familiales, comme les allocations de garde d’enfants et les crédits d’impôt, ont aussi augmenté légèrement, atteignant 2,7 % du PIB. L’Irlande et le Royaume-Uni, qui appliquent des dispositifs soumis à conditions de ressources, sont aujourd’hui les pays qui dépensent le plus pour les prestations familiales, se situant chacun aux alentours de 4,2 % du PIB, ce qui les place devant la France, qui était le pays qui enregistrait la plus forte dépense avant la crise (3,7 % du PIB) et se situe aujourd’hui à 4 %.

Le vieillissement de la population entraînera aussi une augmentation des dépenses de pension et de santé dans les années à venir.