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La mobilité intra-européenne, une avancée irréversible bousculée par la crise

mercredi 15 juillet 2015

Peu de citoyens européens en âge de travailler résideraient dans un autre pays de l’Europe : 3% seulement. Doit-on s’étonner qu’aujourd’hui de plus en plus de jeunes souhaiteraient partir travailler à l’étranger ? Les Français seraient entre 2 et 2,5 millions d’expatriés dont 37,6% dans l’Union Européenne. En France, parmi les jeunes diplômés, 21% de ces jeunes en recherche d’emploi voient leur avenir professionnel à l’étranger, certains loin de l’Europe (États-Unis, Canada).

Des formations qui s’européanisent

Depuis plusieurs années, sans faire de bruit, de plus en plus d’universités, de grandes écoles s’internationalisent en facilitant la mobilité européenne. Le nombre d’étudiants internationaux ne cesse de progresser. Des structures d’échanges sont mises en place comme ERASMUS. Les écoles de management offrent la capacité de partir étudier à l’étranger dans de bonnes conditions et à moindre coût. Des doubles diplômes sont obtenus après un séjour à l’étranger. Beaucoup de troisièmes années universitaires ont des cours en anglais. Le modèle le plus achevé est celui de l’ESCPE-Europe avec des campus à Madrid, Londres, Berlin, Turin, Paris et bientôt Varsovie...

Une mobilité Européenne de plus en plus facilitée et sécurisée

Une aide grandissante de tous les pays européens a été mise en place avec la possibilité de garder sa protection sociale, ses points de retraite et son droit au chômage, avec des dispositifs d’accompagnement comme EURES (site du pôle emploi européen de 1,6 million d’offres d’emploi et 850 conseillers répartis à travers toute l’Europe) ou EUROPASS qui propose des modèles de CV (curriculum vitae européen), ou avec le programme LEONARDO qui permet sans limite d’âge de faire des stages en entreprise dans un pays européen, sans oublier le développement des transports à bas coût. Il devient de moins en moins stressant de changer de pays en Europe et de faire des allers-retours.

La crise a relancé la mobilité intra-européenne et perturbé les destinations

Avec moins de partants pour l’Espagne, le Portugal, l’Italie, sauf pour les Roumains qui représentent le premier contingent d’étrangers en Italie et Espagne. Plus de départs d’immigrants très qualifiés de l’Europe du Sud (Italiens, Grecs, Espagnols) pour le Royaume-Uni et l’Irlande et avec une montée grandissante pour l’Allemagne qui a mis en place des programmes d’aides à l’installation, même pour des compétences intermédiaires pour pouvoir faire face à son vieillissement. La Suède a développé un système pour répondre à la demande des employeurs.

Des statistiques qui s’harmonisent lentement

Eurostat regrette le manque d’harmonisation des critères et la non fiabilité des processus de collecte, aussi on ne peut parler sûrement que de niveaux, qui augmentent beaucoup depuis 2012. On parle d’une augmentation de 400 000 Européens. En 2013, on retrouve l’essentiel des migrants intra-communautaires en Allemagne, au Royaume-Uni, en Espagne, en Italie et en France. Ces 5 pays reçoivent 75% des adultes en âge de travailler en provenance d’un autre pays de l’union européenne. Beaucoup de travailleurs très qualifiés de l’Europe du Sud fuiraient le chômage de leurs pays peu adaptés à leur qualification.

Les modes de vie des Européens s’harmonisent, le chômage aussi. Pour y échapper, quel que soit le pays européen choisi, mieux vaut être qualifié, choisir un métier en tension, comme la santé par exemple, et connaître les dispositifs de protection sociale existant dans le pays.


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