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Les clés du social : Augmentation des dépenses de santé en 2023

Augmentation des dépenses de santé en 2023

Publié le 2 janvier 2025 / Temps de lecture estimé : 3 mn

La Drees (ministère de la Santé) a livré cet automne le panorama des dépenses de santé en 2023. Ces travaux s’inscrivent dans le cycle préparatoire du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) toujours discuté par le Parlement à l’automne. Les dépenses sont en augmentation de 5,2 %. On sait ce qu’il en est au Parlement : les débats budgétaires sur le PLFFS ont fait tomber le gouvernement Barnier. Retour sur les comptes de la santé, l’analyse précise des dépenses de santé à l’échelle nationale en les replaçant dans une perspective internationale.

Une hausse importante des dépenses en 2023

Le rapport annuel de la Drees estime que les dépenses liées aux soins et biens médicaux ont « accéléré » (c’est le terme utilisé) pour atteindre 249 milliards d’euros en 2023. L’augmentation des dépenses atteint +5,2 % par rapport à l’année précédente et cela représente 3 660 euros par habitant. L’augmentation est tirée par les soins hospitaliers (+5,7 %), les soins de ville (+5,7 %) ainsi que par la consommation des médicaments (+3,1 %). En somme les départements les plus importants des dépenses connaissent une courbe de progression très proche. Les services du ministère estiment que la consommation des soins est plus importante qu’avant la crise liée au Covid.

Le lien avec le PIB de la France est intéressant. Car, en fait, cette part des dépenses dans le PIB diminue légèrement. Elle s’établit à 8,8 %, un niveau proche d’avant l’épidémie de Covid-19. Ce chiffre est basé sur la consommation de soins et de biens médicaux.

Il s’élève à 11,8% si l’on examine la dépense de santé au sens international. Cette dépense correspond à la consommation finale effective de services sanitaires et de biens médicaux, que cette consommation soit individuelle (comme une consultation médicale) ou non (comme une campagne de prévention). Son périmètre est plus large que celui de la consommation de soins et de biens médicaux qui sont évoqués dans cet article.

Focus sur les différents chapitres

Les dépenses liées aux soins hospitaliers atteignent 122 milliards d’euros (49 % du total), portées par les salaires à l’hôpital et la hausse des prix de l’énergie. Les prix ont augmenté davantage dans le secteur public, conséquence d’une « hausse marquée des rémunérations à l’hôpital ».
Les soins de ville ont, eux, coûté 72 milliards d’euros (+5,7 %). La hausse est surtout forte chez les médecins généralistes (+6,6 %). Une forme de compensation après de fortes augmentations les années précédentes pour les spécialistes. Le coût des transports sanitaires s’est aussi fortement accru (+10,8 %) alors que les dépenses de médicaments augmentent pour la troisième année consécutive, pour atteindre 33 milliards d’euros.

Qui finance ?

Le panorama de la Drees indique que, depuis 2019, la structure du financement des dépenses de santé a évolué. La Sécurité sociale et l’État ont financé 80,1 % de ces dépenses en 2023, soit 1,5 point de plus qu’en 2019, alors que les organismes complémentaires en ont financé 12,4 % (-0,7 point) et les ménages 7,5 % (-0,9 point). Pour les ménages, ce reste à charge, après remboursements de l’assurance maladie et des complémentaires santé, s’élève environ à 274 euros sur l’année par personne.

Comparons-nous avec le reste du monde

La dépense courante de santé au sens international a augmenté de 3,5 % en France en 2023. Mais, l’année 2023 marque un retour à la normale après la crise sanitaire, avec l’arrêt de la plupart des dépenses exceptionnelles liées au Covid-19 (prévention, dépistage ou vaccination)
Nos voisins connaissent des dynamiques proches de la nôtre. En 2022 (dernière année disponible) les dépenses augmentent dans la quasi-totalité des pays de l’Union européenne en moyenne de +3,5 % (+2,2% en France). Concernant le reste à charge, en moyenne dans l’Union européenne, 14,2 % de la dépense restent à la charge directe des ménages. Le Luxembourg (8,7 %), la Croatie (9,1 %) et la France (9,2 %) sont les pays à plus faible taux de reste à charge de l’OCDE.

Enfin, la France est le deuxième pays européen derrière l’Allemagne pour les dépenses de santé alors que les États-Unis restent le premier dans le monde.


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