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Déficit commercial : Pourquoi ? Comment le redresser ?

samedi 4 juillet 2015

Régulièrement, le déficit commercial de la France fait la une de l’actualité. Le Conseil d’analyse économique (CAE) a souhaité analyser les raisons de cette contreperformance régulière depuis maintenant 10 ans, quitte à tordre le cou à certaines idées reçues.

Les produits français sont-ils mal positionnés ?

Cette question est souvent posée : on suppose que les produits français sont de mauvaise qualité ou qu’ils sont destinés à des pays qui ne sont pas en croissance. Le CAE montre avec quelques tableaux simples qu’il n’en est rien. La France, comme l’Allemagne, échange majoritairement en Europe et souffre donc du même ralentissement de son marché européen, même si l’Allemagne a mieux réussi à diversifier ses exportations vers les pays émergents. Par contre la spécialisation sectorielle de la France est plutôt porteuse, notamment grâce à l’aéronautique, l’automobile, l’agroalimentaire ou le luxe. Du coup, la mauvaise performance à l’exportation ne peut s’expliquer que par un rapport qualité-prix défavorable pour les produits français, avance le CAE.

Le luxe est un secteur qui marche bien pour la France. Celui-ci est soutenu bien évidemment par la qualité des produits, mais il semble surtout que ce soit les noms des marques françaises qui soit plébiscité à l’international. Aussi le CAE attire notre attention sur la nécessité de développer des marques fortes pour notre pays.

Trop peu d’entreprises cherchent à exporter ?

Là aussi, le CAE rétorque que si 5% des exportateurs français réalisaient 73% des exportations en 2003, ce chiffre est comparable en Allemagne (81%) et au Royaume-Uni (69%). De plus, les PME sont présentes à l’exportation, puisqu’elles représentent un tiers de la valeur des exportations, chiffre comparable à l’Allemagne (28%).

De plus, nos entreprises bénéficient d’autant d’aides à l’export que nos concurrentes européennes.

Le problème réside dans la compétitivité hors prix

Le CAE a mené une enquête statistique pour vérifier le positionnement prix et hors prix des secteurs français. Il ressort que seuls l’aéronautique, la maroquinerie et le vin sont respectivement 1er, 2e et 3e rang de compétitivité hors prix dans l’OCDE. Les autres secteurs sont bien en dessous, autour du 7e rang alors que les secteurs exportateurs allemands sont tous premiers.

Comment définir la compétitivité hors prix : c’est tout ce qui ne s’explique pas par le prix du produit exporté. Ceci comprend la qualité du produit, son design, son marketing, son service après vente, son image… Dans ce domaine, « plusieurs secteurs sont en recul pour la France : appareils de distribution électrique, vin, pièces détachées, automobile, ameublement ».

Du coup, le CAE demande de mieux analyser l’effet du CICE (Crédit d’impôt compétitivité emploi), sensé soutenir les efforts d’investissement des entreprises. Il recommande aussi de défendre la propriété intellectuelle dans le droit international afin d’éviter les contrefaçons et de défendre les marques françaises. Enfin, il recommande que les réformes structurelles en cours prennent davantage en compte l’objectif de favoriser le développement des entreprises, notamment exportatrices.

Néanmoins, d’autres éléments non évoqués dans le document semblent nécessaires comme de favoriser la montée en gamme de la main d’œuvre par la formation ou de mieux sensibiliser les entreprises à la promotion de leur image et de leur marque à l’international.


Source :
http://www.cae-eco.fr/IMG/pdf/cae-note023v3.pdf