Le taux d’emploi des seniors ne cesse de progresser
Le taux d’emploi des seniors ne cesse de progresser en France. Il atteint 72,2% pour les 55-59 ans et 32,7% pour les 60-64 ans en 2019. En parallèle, on constate que nombreux seniors quittent leur poste avant l’ouverture de leurs droits à pension. Les métiers les plus concernés par ce phénomène se trouvent dans l’hébergement-restauration (employés polyvalents, cuisiniers), le bâtiment (second œuvre et gros œuvre), les services aux particuliers et aux collectivités (services à la personne, agents d’entretien) et la manutention.
Quel sont les motifs de départ ?
Le premier motif de ces départs varie : c’est la santé pour 30 % des caissiers et employés de libre-service mais l’inactivité pour un ouvrier peu qualifié de la manutention sur cinq. Parmi les quinze métiers aux taux de départs précoces les plus élevés, dix figurent aussi parmi ceux dont les travailleurs déclarent le plus souvent « ne pas se sentir capables de faire le même travail jusqu’à la retraite » (enquête de la DARES de mars 2023 sur les conditions de travail).

Plus précisément
Les départs en fin de carrière (hors retraite et préretraite) peuvent intervenir dès 51 ans et être causés en particulier par :
- Une longue maladie ou une invalidité. Elles concernent 10% des départs précoces ;
- Le chômage (4% des départs) ;
- Tout autre type d’inactivité (15%). Il s’agit des plus de 55 ans qui ont renoncé à chercher un emploi ou ne sont pas disponibles (car ils ont la charge d’un proche en situation de dépendance, par exemple).
Ces départs précoces interviennent à des âges différents
- 57 ans en moyenne pour les ouvriers peu qualifiés des industries de process, les caissiers et employés de libre-service ;
- près de 60 ans pour les assistants maternels, les patrons et les cadres d’hôtels, cafés et restaurants.
Y a-t-il un lien avec la catégorie socio-professionnelle ?
Pour ce qui est du chômage et de l’inactivité, les sorties précoces apparaissent modérément liées à la catégorie socioprofessionnelle. Mais les employés et ouvriers peu qualifiés sont en revanche surreprésentés dans les sorties précoces pour raisons de santé. Ainsi la part des départs est de 8 % chez les ouvriers qualifiés de la mécanique alors qu’elle atteint 31 % chez les ouvriers peu qualifiés de la manutention, deux métiers aux conditions de travail contraignantes.
Globalement, le taux augmente à mesure que la qualification baisse. Il est de :
- 21% pour les cadres ;
- 39% chez les employés peu qualifiés et les ouvriers qualifiés ;
- 46% pour les ouvriers peu qualifiés.
Les axes d’amélioration
De toute évidence, améliorer les conditions de travail reste un des leviers pour accroître le taux d’emploi et faire baisser les départs précoces. Ce peut être aussi une réponse aux difficultés de recrutement.
Le CREDOC quant à lui préconise de développer la formation des seniors pour favoriser leur emploi mais aussi de lutter contre les stéréotypes et de repérer dès 45 ans les risques de décrochage. L’étude de France Stratégie confirme cet axe et estime que la prévention de l’usure professionnelle, par exemple par la réorganisation des horaires de travail et l’adaptation des processus de production, apparaît essentielle, d’autant plus avec la dernière réforme des retraites.
Si certains seniors exposés à la pénibilité du travail peuvent bénéficier sous condition de dispositifs leur permettant de partir plus tôt en retraite, d’autres ne sont pas toujours en mesure de tirer parti de ces mesures dérogatoires. Des études récentes ont montré que le recul de l’âge d’ouverture des droits avec la réforme de 2010 a entraîné une augmentation des arrêts maladie pour les personnes proches de la retraite. Il y a donc urgence à agir !
Sources