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Les clés du social : Revalorisation du SMIC au 1er janvier 2024 : moins de salariés concernés qu'en 2023

Revalorisation du SMIC au 1er janvier 2024 : moins de salariés concernés qu’en 2023

Publié le 26 février 2025 / Temps de lecture estimé : 2 mn

2,7 millions de salariés ont « bénéficié » de la revalorisation du Smic au 1er janvier 2024. Cela représente 14,6 % de la population active. Un chiffre qui reste très élevé même s’il est notablement en baisse par rapport à 2023. Les personnes qui ont vu leur salaire revalorisé pour se conformer à la réglementation du Smic sont essentiellement des femmes, des salariés à temps partiel et des salariés des petites entreprises.

La revalorisation du Smic

Le 1er janvier 2024, le Smic a été revalorisé de 1,1 % conformément à la législation sans « coup de pouce », en fonction donc de l’évolution des prix et du salaire horaire de base ouvrier et employé (SHBOE). En 2023, compte tenu de la poussée inflationniste, le Smic a été revalorisé le 1er janvier et le 1er mai. Sur un an il avait progressé de 3,4 %.

14,6 % des salariés ont été concernés par la revalorisation du 1er janvier 2024, un chiffre équivalent à celui de 2022 alors qu’ils étaient 17,3 % en 2023. Des chiffres particulièrement élevés alors que depuis 2014 ils étaient compris entre 10 et 12 %.

Au 31 décembre 2023, 3,7 % des salariés appartenaient à une branche professionnelle non conforme au Smic (minimum conventionnel inférieur au Smic) contre 7 % un an plus tôt.

Qui sont les personnes concernées par le Smic ?

Les salariés des petites entreprises : il existe une véritable césure entre salariés de grandes et petites entreprises. Ainsi, 24,2 % des salariés des entreprises de moins de 10 salariés sont concernés par la revalorisation du Smic. 30,6 % des salariés des entreprises d’un seul salarié ont été concernés. Dans les entreprises plus importantes, ils n’ont été que 12,4 % et même 9,1 % dans les entreprises de plus de 500 salariés.

Les salariés à temps partiel : 31,3 % des salariés à temps partiel ont été concernés par la revalorisation du Smic, alors que les salariés à temps plein n’ont été que 10,6 %.

Les femmes : 57 % des personnes concernées par la revalorisation du Smic étaient des femmes. Une nouvelle fois on ne peut que constater aussi à ce niveau les inégalités entre les femmes et les hommes.

Les salariés de certaines branches professionnelles : alors que la moyenne se situait à 14,6 %, elle est de 43,9 % dans les commerces alimentaires, 28,2 % dans l’hôtellerie-restauration-tourisme, 25,5 % dans le commerce non alimentaire, 24,7 % dans l’habillement-textile et 22,8 % dans le secteur sanitaire et social. Plus précisément, la part des salariés concernés par la revalorisation du Smic a été de 63 % dans la restauration rapide et 51 % dans les services à la personne.

Par contre, dans les grands secteurs économiques et industriels tels que les banques-assurances, la métallurgie, le plastique ou encore la chimie et la pharmacie, la part de personnes concernées a été inférieure à 5 %.

Difficile de connaître le nombre exact de « Smicards »

Les statistiques de la Dares (service statistiques et études du ministère du Travail) nous fournissent le nombre de personnes qui ont bénéficié de la revalorisation du Smic. Même si ces chiffres sont significatifs, il ne s’agit pas du nombre exact de personnes à ce niveau de salaire. D’une part, il n’intègre pas les personnes qui ont été « rattrapées » par le Smic à l’occasion de cette revalorisation. Il ne prend pas en compte les personnes qui bénéficient de primes ou d’éléments de salaire qui ne sont pas inclus dans le calcul du Smic. Ainsi, l’Insee, d’après un autre article de la Dares, estime que seulement 5,5 % des salariés du secteur privé en équivalent temps plein toucherait une rémunération inférieure à 1,05 Smic.

Quoi qu’il en soit, le nombre de personnes concernées par les revalorisations du Smic reste trop élevé. Alors que le Smic devrait correspondre au salaire d’un salarié débutant sans qualification, il concerne bien trop de salariés qui pour certains resteront à ce niveau pour une bonne partie de leur carrière professionnelle.


Sources